Un jeune coureur de 18 ans revient d’un arrêt cardiaque au lac de Côme

  Retrouvé sans signes vitaux pendant plus d’une heure, ce jeune coureur échappe au pire grâce à une intervention rapide et une résistance hors norme.

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Le trail attire souvent des sportifs avides de défis. Certains cherchent la performance. D’autres veulent éprouver leur mental. Ce jeune coureur, 18 ans, vivait simplement sa passion. Rien ne laissait présager le drame qui allait frapper ce jour-là, au-dessus du lac de Côme. Deux mois plus tard, son parcours bouleverse l’Italie. Le jeune homme retrouve aujourd’hui une vie presque ordinaire. Son regard porte encore la trace de ce qu’il a traversé, mais il avance avec une conviction nouvelle : profiter de chaque instant.

Son récit frappe par sa force. Il touche autant les coureurs que les novices. Car au-delà du sport, cette histoire montre la ténacité d’un adolescent, la mobilisation de sauveteurs déterminés et la maîtrise d’équipes médicales prêtes à agir vite.

Un trail qui vire au cauchemar

Le 27 septembre, la météo s’acharne sur la région. Le vent fouette les crêtes. La pluie trempe les coureurs. Le froid mord chaque pas. Les organisateurs raccourcissent le parcours pour éviter le pire. Jiri s’élance malgré les conditions hostiles. Il suit les balises, avance, lutte. Puis une erreur d’itinéraire change tout.

Le jeune sportif se retrouve à 2 000 mètres d’altitude. Seul. Trempé. Frigorifié. Le thermomètre indique cinq degrés. Il porte seulement un short et un tee-shirt. Son corps perd rapidement sa chaleur. Il tente d’utiliser son téléphone, mais ses doigts ne répondent plus. Le froid bloque chaque mouvement. Il garde son calme, du moins autant que possible. Il cherche une solution, surveille ses sensations, serre les dents. Son esprit reste éveillé, mais son corps s’éteint peu à peu. Les derniers instants s’échappent de sa mémoire.

Pendant ce temps, au point de contrôle, son absence interpelle. Les bénévoles réagissent sans tarder. Les secours partent immédiatement en montagne. Chaque minute compte. Les équipes scrutent les chemins, interrogent d’autres participants, avancent malgré la pluie battante. Elles finissent par repérer le coureur. Jiri gît au sol. Son cœur s’est arrêté depuis près d’une heure et demie. Son corps affiche une température de 21°C. Son état semble sans issue.

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Pourtant, les secours décident d’agir jusqu’au bout. Ils transfèrent le jeune homme en seulement vingt minutes vers l’hôpital Papa Giovanni de Bergame. Les médecins l’installent aussitôt sur une machine ECMO. Cet équipement oxygène et réchauffe le sang de manière externe. Il remplace temporairement les fonctions vitales. Le combat commence.

Le médecin Luca Lorini, présent ce jour-là, se souvient encore de ce qu’il voit en salle d’intervention. Il décrit un jeune homme sans pouls, sans respiration, gelé. Rien ne lui laisse de garantie. Pourtant, il mobilise son équipe et se concentre sur chaque geste. Les premières heures s’étirent. Puis les jours s’enchaînent. Jiri reste connecté à l’ECMO six jours entiers. Le personnel soignant se relaye pour soutenir ce corps qui se bat.

Après cette période critique, l’adolescent quitte les machines. Il continue ensuite son parcours : neuf jours en soins intensifs, deux semaines en médecine générale, puis quatre semaines de rééducation. Chaque étape renforce sa progression. Sa famille reste à ses côtés, tout comme les équipes médicales qui suivent attentivement la moindre évolution.

Une récupération qui force le respect pour ce jeune coureur

Sorti de rééducation la semaine dernière, Jiri retrouve sa liberté de mouvement. Les médecins l’examinent encore régulièrement, mais son corps répond bien. Il ressent seulement un léger engourdissement au bout de quelques doigts. Cette sensation pourrait compliquer ses études, car il étudie dans un lycée de musique. Il joue du piano depuis des années et ne cache pas son attachement à cet instrument. Le froid extrême a marqué certaines terminaisons nerveuses, et il doit maintenant composer avec ce petit handicap.

Malgré cela, le lycéen affiche un sourire sincère. Rien ne semble assombrir cette joie de vivre retrouvée. Il se rend en cours, retrouve ses amis, reprend ses projets. Il savoure ces instants que beaucoup tiennent pour acquis. Chaque pas dans le couloir de son établissement confirme la victoire remportée sur la montagne.

Lorsqu’il évoque ce qui lui arrive, il cherche encore des mots. Il ne comprend pas comment son cœur peut repartir après un arrêt si long. Il s’interroge sur cette capacité du corps humain à renaître. Il parle de chance. Il parle de gratitude. Il ne cherche pas à donner une explication précise. Il répète simplement qu’il tient debout grâce à celles et ceux qui ont couru pour lui, soigné son corps, soutenu sa famille.

Un jeune coureur de 18 ans revient d’un arrêt cardiaque au lac de Côme
Capture Facebook

Le médecin Luca Lorini partage la même surprise. Il observe ce jeune homme assis à côté de lui, vivant, souriant, et il mesure le chemin parcouru. Cette rencontre, deux mois après le drame, marque les esprits. Une scène impensable le jour du trail se déroule maintenant dans un bureau d’hôpital. Le médecin et son patient discutent calmement, alors que rien ne promettait un tel dénouement.

Un jeune coureur de 18 ans revient d’un arrêt cardiaque au lac de Côme
Capture Instagram

Jiri ne cherche pas à se mettre en avant. Il parle avec simplicité. Il remercie les équipes de secours, les bénévoles du trail, le personnel de l’hôpital et tous ceux qui ont envoyé des messages. Il garde les pieds sur terre. Il regarde l’avenir avec sérénité. Il sait que sa vie peut reprendre son cours. Il prépare ses examens, ses projets musicaux, ses sorties sportives. Son esprit reste tourné vers l’avant.

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