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Brigitte Bardot s’est éteinte le 28 décembre à l’âge de 91 ans. Elle laisse derrière elle une carrière hors norme, un combat acharné pour les animaux et une vie personnelle souvent commentée. Parmi les figures clés de son parcours, deux hommes occupent une place particulière : Bernard d’Ormale, son dernier époux, et Nicolas Charrier, son fils unique.
Nicolas est né en 1960 de l’histoire d’amour entre Brigitte Bardot et l’acteur Jacques Charrier. À 65 ans aujourd’hui, il vit en Norvège avec son épouse et leurs deux filles, Thea et Anna. Très tôt, il s’est éloigné de sa mère.
Brigitte Bardot ne souhaitait pas la maternité et elle l’a souvent exprimé. Jacques Charrier a donc élevé leur fils après avoir obtenu sa garde. Cette enfance a façonné un rapport complexe, fait de distance et de pudeur.
Nicolas a grandi loin des projecteurs. Il a choisi une vie discrète, sans attrait pour le show-business. Ce choix tranche avec la notoriété immense de sa mère. Cette différence a longtemps nourri un silence entre eux. Puis, avec les années, une autre forme de relation a vu le jour.
Une relation apaisée loin des projecteurs
La publication de l’autobiographie Initiales B.B. a marqué un tournant. Dans cet ouvrage, Brigitte Bardot livrait une vision crue de la maternité. Nicolas a vécu ces mots comme une blessure intime. Il a alors attaqué sa mère en justice pour atteinte à la vie privée. Le tribunal lui a accordé 250 000 francs de dédommagement. Cette étape a figé leur relation pendant un temps.
Puis les choses ont évolué. Bernard d’Ormale a joué un rôle clé dans ce rapprochement progressif. Il a encouragé le dialogue et le respect mutuel. Peu à peu, mère et fils ont repris contact. Leur lien ne ressemblait pas à celui que l’on imagine habituellement entre une mère et son enfant. Il reposait sur la retenue et la constance.
Depuis une quinzaine d’années, Brigitte Bardot et Nicolas ont renoué à leur manière. Ils s’écrivaient régulièrement. Ils échangeaient aussi des cadeaux, notamment à Noël et au Nouvel An. Marc Brincourt, ancien rédacteur en chef, racontait que la star envoyait même des bouteilles de champagne à son fils. Ce geste simple montrait son attention et sa présence affective.
À lireHéritage de Brigitte Bardot : ce que va vraiment recevoir son fils Nicolas-Jacques CharrierNicolas, conscient de l’âge avancé de sa mère et de sa mobilité réduite, lui rendait visite une fois par an. Il se rendait à la Madrague, à Saint-Tropez. Parfois, il venait seul. D’autres fois, il arrivait accompagné de son épouse et de leurs filles.
Ces moments permettaient à Brigitte Bardot de connaître ses petites-filles, même si la langue créait une distance. Ces rencontres avaient une valeur particulière. Elles rassemblaient une famille qui avait appris à s’apprivoiser tardivement.
Un amour discret mais sincère
Dans les colonnes de Var Matin, Brigitte Bardot évoquait ce lien avec une émotion mesurée. Elle se disait touchée par la fidélité de son fils. Elle savait qu’il pensait à elle. Elle appréciait ces visites annuelles, rares mais sincères. Ce rythme leur convenait. Il respectait leurs caractères et leur histoire.
Brigitte Bardot parlait de Nicolas avec des mots simples. Elle reconnaissait un amour différent. « Je l’aime d’une manière spéciale. Et lui aussi. » Cette phrase résume leur relation. Elle ne repose pas sur la fusion ni sur une présence constante. Elle s’appuie sur la reconnaissance mutuelle et sur le temps partagé sans contrainte.
Ce lien tardif montre une autre facette de Brigitte Bardot. Derrière l’icône, il y avait une femme consciente de ses limites. Elle n’a jamais cherché à réécrire le passé. Elle a choisi d’avancer avec ce qu’elle pouvait offrir. Nicolas, de son côté, a accepté cette relation singulière. Il a continué de venir, année après année.
La disparition de Brigitte Bardot marque la fin d’un chapitre intense de la culture française. Elle laisse aussi le souvenir d’un lien mère-fils construit à contre-courant. Sans éclats publics. Sans grandes déclarations. Avec des lettres, des visites et des gestes simples. Une relation imparfaite, mais réelle, qui a trouvé son équilibre avec le temps.
