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La nuit du Nouvel An devait rimer avec fête à Crans-Montana. Elle s’est transformée en cauchemar. Dans le bar Le Constellation, un incendie fulgurant a semé la panique. Plusieurs survivants livrent aujourd’hui des récits bouleversants. Leurs mots décrivent une scène d’une violence extrême. Chaque seconde a compté. Chaque geste a pesé lourd.
Axel et Nathan se trouvaient dans le sous-sol lorsque le feu a jailli. Ils pensaient passer une soirée ordinaire. Puis tout a basculé. Très vite. Trop vite. Le plafond s’est embrasé. La fumée a envahi l’espace. L’air est devenu irrespirable. La sortie s’est transformée en piège.
Une propagation fulgurante et une panique totale
« On n’a pas vu le brasier arriver », confient-ils encore sous le choc. Le feu a pris en quelques instants. Une bougie festive, posée sur une bouteille, aurait touché le plafond. Ensuite, tout s’est accéléré. Le sous-sol s’est rempli d’un épais nuage noir. Les cris ont résonné. Les corps se sont pressés vers les issues.
Axel raconte un réflexe de survie. Il allonge une table. Il se cache derrière. Il tente d’échapper aux flammes. Autour de lui, le chaos règne. Les clients se bousculent. Certains tombent. D’autres hurlent. Les fenêtres restent bloquées. L’angoisse monte. « Je me suis dit que j’allais y passer », lâche-t-il.
Puis un geste change tout. Un coup de pied violent contre une vitre. Le verre cède. L’air froid entre. Une échappée s’ouvre. Axel et Nathan sortent enfin. Dehors, ils respirent. Ils tremblent. Ils réalisent qu’ils vivent encore. Derrière eux, le drame continue.
À lireDrame à Crans-Montana : le récit bouleversant des propriétaires du barLa police suisse confirme que le feu a démarré dans le bar avant de provoquer une déflagration. Les autorités lancent une enquête. Elles écartent la piste criminelle. La douleur, elle, reste intacte. Axel et Nathan n’ont toujours aucune nouvelle de plusieurs amis présents ce soir-là.
Des survivants hantés par des images insoutenables
Laëtitia, 17 ans, garde elle aussi des souvenirs gravés à jamais. Elle fêtait la nouvelle année avec une dizaine d’amis. Par chance, elle descend à l’étage inférieur quelques instants avant le départ de feu. Elle entend soudain des cris. « Au feu ! ». Les gens se mettent à courir. Elle court aussi. Sans réfléchir.
Le feu se propage à une vitesse folle. La fumée brûle les yeux. Elle étouffe. Puis une explosion secoue le bar. La panique devient incontrôlable. Laëtitia tombe. Des personnes chutent sur elle. Elle se retrouve coincée au sol. « J’étais en train de me faire écraser », confie-t-elle.
Une scène la hante encore. Une jeune femme, grièvement brûlée, se retrouve au-dessus d’elle. Ses vêtements, ses cheveux, son visage portent les marques du feu. Leurs regards se croisent. La peur se lit dans ses yeux. Laëtitia n’oubliera jamais ce moment. Chaque nuit, les images reviennent. En boucle.
Elle sort indemne physiquement. Mentalement, les blessures restent ouvertes. Six de ses amis manquent toujours à l’appel. Elle espère. Elle s’accroche à l’idée d’un transfert dans des hôpitaux éloignés. L’attente devient insupportable.
Une photo, transmise aux médias, apporte un éclairage glaçant. Elle montre le tout début de l’incendie. Les flammes apparaissent au plafond, au niveau de la mousse isolante. Au premier plan, des clients lèvent des bouteilles ornées de bougies étincelles. À l’arrière, une femme perchée sur les épaules d’un homme continue de célébrer. Quelques secondes plus tard, tout bascule.
À lireIncendie à Crans-Montana : le récit bouleversant des gérants du bar face aux enquêteursLes réactions officielles se multiplient. Yaël Braun-Pivet adresse un message de soutien aux victimes et à leurs proches. La Suisse pleure une tragédie sans précédent.
Derrière les chiffres, des vies restent brisées. Des témoins portent désormais le poids d’une nuit qu’ils n’oublieront jamais.
