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La nuit du réveillon à Crans-Montana a viré au cauchemar. Un incendie dévastateur a ravagé le bar Le Constellation entre le 31 décembre 2025 et le 1ᵉʳ janvier 2026. Le drame a coûté la vie à 40 personnes et fait 119 blessés. Face à l’ampleur de la catastrophe, les autorités suisses ont annoncé l’ouverture d’une instruction pénale contre les deux gérants français de l’établissement.
Le samedi 3 janvier 2026, la police cantonale du Valais et le bureau de la procureure générale ont confirmé cette décision dans un communiqué officiel. Les enquêteurs soupçonnent les propriétaires du bar d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence. À ce stade, aucune détention provisoire n’a été ordonnée.
Les familles des victimes attendent désormais des réponses claires. L’enquête doit établir les responsabilités et déterminer comment une soirée festive a pu basculer aussi brutalement.
Une enquête criminelle est en cours pour déterminer les causes de l’incendie
La procureure du canton du Valais, Béatrice Pilloud, a expliqué les raisons de cette procédure. « Nous avons ouvert cette enquête parce que nous avons des soupçons. Tant qu’aucune condamnation n’intervient, la présomption d’innocence prévaut », a-t-elle précisé.
Les investigations se concentrent sur plusieurs éléments. Selon les premières constatations, on pense que l’incendie a été déclenché par des bougies incandescentes ou des cierges magiques placés dans des bouteilles de champagne. Ces dispositifs décoratifs auraient déclenché un embrasement rapide dans le sous-sol du bar.
Les enquêteurs analysent aussi la configuration des lieux. Les accès au sous-sol posent question. La mousse qui recouvrait le plafond attire également l’attention. D’après plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, ce matériau aurait favorisé la propagation des flammes en quelques secondes.
La justice suisse cherche à comprendre si des manquements ont aggravé la situation. Les auditions se poursuivent. Les témoignages du personnel, des survivants et des témoins directs alimentent le dossier.
Les propriétaires au cœur de l’attention judiciaire et médiatique
Le bar Le Constellation appartient à Jacques et Jessica Moretti, un couple de ressortissants français. Ils ont repris l’établissement il y a une dizaine d’années. Ils possèdent aussi quatre bars et restaurants dans la station de Crans-Montana et ses environs.
Selon plusieurs médias, Jacques Moretti serait originaire de Ghisonaccia, en Haute-Corse. Jessica Moretti viendrait de la Côte d’Azur. Le couple avait déjà été entendu le vendredi 2 janvier à titre de personnes appelées à donner des renseignements.
À lireIncendie de Crans-Montana : la panne des caméras de surveillance au cœur de l’enquêteJacques Moretti a réagi publiquement. Interrogé par La Tribune de Genève, il a affirmé que son bar avait fait l’objet de contrôles réguliers. « Trois contrôles en dix ans, tout s’est toujours fait dans les normes », a-t-il assuré. Devant son domicile à Lens, il a également demandé aux journalistes de respecter son deuil : « Laissez-nous tranquilles, nous aussi nous sommes en deuil. »
Le nom de Jacques Moretti apparaît déjà dans des affaires judiciaires plus anciennes en France. Selon Le Parisien, il aurait été impliqué par le passé dans des dossiers de proxénétisme et de séquestration. Ces éléments n’entrent pas directement dans l’enquête suisse actuelle, mais ils alimentent l’attention médiatique autour du dossier.
À l’issue de l’instruction, le ministère public devra trancher. Deux options se présentent : le classement de l’affaire ou l’émission d’un acte d’accusation. D’ici là, les familles des victimes restent suspendues aux conclusions des enquêteurs.
Le drame de Crans-Montana continue de secouer la Suisse et la France. Chaque avancée judiciaire ravive l’émotion. La vérité judiciaire devra désormais répondre à une question centrale : ce drame aurait-il pu être évité ?
