Incendie meurtrier à Crans-Montana : les gérants français du bar au cœur d’une enquête

  Après le drame du Nouvel An qui a fait 40 morts, la justice suisse vise Jacques et Jessica Moretti et examine les causes précises de l’incendie au Constellation.

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Le drame survenu à Crans-Montana continue de secouer la Suisse et la France. Dans la nuit du Nouvel An, un incendie a ravagé le bar Le Constellation, provoquant la mort de 40 personnes et blessant 119 clients. Depuis, l’enquête progresse.

Samedi 3 janvier 2026, les autorités helvétiques ont franchi une nouvelle étape judiciaire. Elles ont annoncé l’ouverture d’une instruction pénale visant directement les deux gérants français de l’établissement, Jacques et Jessica Moretti. Cette décision marque un tournant dans ce dossier suivi de près par les familles des victimes et par l’opinion publique.

La justice du canton du Valais soupçonne le couple de plusieurs infractions graves. Les chefs retenus évoquent un possible homicide par négligence, des lésions corporelles par négligence et un incendie par négligence. À ce stade, aucune détention provisoire n’a été ordonnée. Le ministère public devra, à l’issue de l’instruction, choisir entre un classement de l’affaire ou la rédaction d’un acte d’accusation.

Une enquête criminelle au cœur de l’incendie de Crans-Montana

La procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, a pris la parole devant la presse. Elle a tenu à rappeler le cadre légal. Les autorités disposent de soupçons précis. La présomption d’innocence reste pleinement valable tant qu’aucune condamnation n’intervient. Cette précision vise à calmer les tensions alors que la douleur reste vive.

Le bar Le Constellation appartenait depuis une dizaine d’années à Jacques et Jessica Moretti. Selon Corse-Matin, Jacques Moretti est originaire de Ghisonaccia, en Haute-Corse. Nice-Matin indique de son côté que Jessica Moretti vient de la Côte d’Azur.

Le couple gère aussi quatre autres bars et restaurants dans la station de Crans-Montana et dans les environs. Leur notoriété locale renforce l’écho médiatique de cette affaire.

Dès les premiers jours de l’enquête, les enquêteurs ont entendu les deux gérants afin de recueillir des éléments factuels. Ils ont répondu aux questions à titre de personnes appelées à donner des renseignements. Depuis l’annonce officielle de l’instruction pénale, leur statut évolue clairement dans la procédure.

Des éléments techniques scrutés par les enquêteurs

Les premières constatations orientent les investigations vers l’origine du feu. Selon les informations communiquées par la procureure, l’incendie aurait démarré à partir de bougies incandescentes ou de feux de Bengale fixés sur des bouteilles de champagne.

Ces dispositifs auraient embrasé le plafond du sous-sol du bar en quelques instants. Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent une propagation extrêmement rapide des flammes.

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Les enquêteurs analysent aussi la configuration des lieux. Les accès au sous-sol attirent l’attention des spécialistes. La mousse isolante fixée au plafond soulève également des questions. Cet isolant acoustique aurait favorisé la violence du sinistre. Les autorités cherchent à vérifier sa conformité aux normes en vigueur. Les résultats de ces expertises pèseront lourd dans la suite judiciaire.

Face aux journalistes, Jacques Moretti a brièvement réagi devant son domicile de la commune de Lens. Il a demandé du respect et rappelé que sa famille traverse aussi une période de deuil. La veille, il avait affirmé dans La Tribune de Genève que son établissement avait fait l’objet de plusieurs contrôles au fil des années et que les services compétents n’avaient relevé aucune anomalie majeure.

Pendant ce temps, les familles des victimes attendent des réponses concrètes. Beaucoup réclament de la clarté et des responsabilités. La station de Crans-Montana reste marquée par le choc. Les commémorations se multiplient. Les hôpitaux poursuivent la prise en charge des blessés, parfois grièvement atteints.

L’instruction pénale ouverte en Suisse s’annonce longue et complexe. Elle devra reconstituer précisément le déroulement des faits, analyser chaque décision prise avant la soirée du Nouvel An et déterminer les éventuelles fautes. Chaque avancée judiciaire nourrit l’espoir d’une vérité complète. Pour les proches des victimes, cette quête représente une étape décisive sur le chemin du deuil.


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