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Près d’une semaine après le drame, Crans-Montana reste sous le choc. Le 31 décembre, un incendie a ravagé le bar Le Constellation. Quarante personnes ont perdu la vie. Cent-seize autres ont été blessées. Les familles des victimes vivent un calvaire d’attente et d’incertitude. Elles réclament des réponses claires.
Me Sébastien Fanti, avocat de plusieurs familles, ne mâche pas ses mots. Il veut que les gérants du bar soient arrêtés. Selon lui, la responsabilité des propriétaires est directe.
L’enquête pénale ouverte vise le couple pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence. Pour l’instant, aucun placement en détention provisoire ni assignation à résidence n’a été décidé.
« Je vais me constituer partie civile au nom de mes clients », explique Me Fanti dans Le Parisien. « Je vais demander l’arrestation de ces gens, mais aussi des dirigeants de la commune ». Il ajoute : « Ce qui ne se produira évidemment pas puisque, ici, tout le monde joue au golf ensemble ».
L’avocat promet de mettre la pression sur la procureure générale pour que des actes de procédure soient réalisés rapidement. Il souligne qu’aucune perquisition n’a encore été effectuée.
Des manquements graves et des zones d’ombre
Les premiers éléments de l’enquête pointent des bougies dites « fontaines » comme possible déclencheur de l’incendie. Celles-ci auraient été en contact avec le plafond du sous-sol. Mais d’autres pistes doivent encore être vérifiées.
La commune de Crans-Montana reconnaît un « manquement » aux contrôles de sécurité entre 2020 et 2025. Pourtant, plus de 14 000 inspections incendie ont eu lieu l’an dernier sur le territoire communal.
Me Fanti dénonce un problème connu de tous : « Tout le monde dans la station savait que cet établissement n’était pas contrôlé. Les patrons des autres établissements le savaient, mais personne ne savait pourquoi, alors qu’eux étaient régulièrement contrôlés ». Ces déclarations suggèrent un climat d’impunité dans la station.
Les propriétaires du Constellation assurent collaborer pleinement avec les enquêteurs. « Nous sommes dévastés et envahis par le chagrin », déclarent-ils dans un communiqué, le premier depuis l’ouverture de l’enquête.
À lireIncendie : un immeuble touché et une personne blesséeLes autorités doivent maintenant vérifier la conformité des travaux réalisés en 2015, les matériaux utilisés, les voies de secours et les moyens d’extinction. La mousse insonorisante installée au plafond pourrait avoir favorisé la propagation rapide du feu.
Me Fanti décrit le gérant comme « un personnage trouble, dont les pratiques interrogent ». Selon lui, l’homme d’origine française aurait investi des millions de francs suisses dans l’immobilier sans recourir à une hypothèque.
L’avocat compare : « Moi, j’ai 54 ans, je travaille depuis vingt ans et j’ai des hypothèques sur chacun de mes biens. Il n’y a pas de Tracfin dans le canton du Valais, donc on ne sait pas d’où vient l’argent de Monsieur Moretti ».
Une instruction qui pourrait changer le cours de l’affaire
L’enquête doit déterminer si les gérants ont respecté les normes en matière de sécurité incendie. Le ministère public du Valais décidera ensuite de classer l’affaire ou de prononcer un acte d’accusation. Me Fanti insiste : « Les familles ne resteront pas silencieuses. Elles veulent que justice soit faite ».
Pour les victimes, cette procédure est un enjeu vital. Il ne s’agit pas seulement de déterminer les responsabilités. Il s’agit de reconnaître la douleur et la perte subies. Chaque étape judiciaire compte.
Les familles espèrent que les actes de procédure avanceront rapidement. Elles veulent comprendre comment un établissement peut avoir échappé aux contrôles pendant des années.
À lireIncendie de Crans-Montana : la panne des caméras de surveillance au cœur de l’enquêteDans ce contexte, la position de la commune et la réaction des autorités seront scrutées. Les habitants de Crans-Montana et au-delà attendent des réponses. L’incendie du Constellation a mis en lumière des failles dans le contrôle des établissements publics. Il a aussi révélé un climat d’impunité qui suscite colère et incompréhension.
Le couple de gérants assure ne pas vouloir se « dérober ». Mais la pression judiciaire et médiatique est forte. Les familles de victimes continuent de réclamer des mesures concrètes. Leur avocat promet de ne rien laisser passer. Pour eux, chaque jour compte. La justice devra trancher.
L’affaire du Constellation reste un symbole tragique. Elle rappelle les risques liés aux négligences dans les lieux publics. Elle illustre la souffrance des familles face à l’impunité apparente. Dans les semaines à venir, chaque décision de justice sera observée de près, avec l’espoir que la vérité éclate enfin.
