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L’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana a laissé des traces profondes. Quatre victimes gravement brûlées ont été transférées au centre de traitement des grands brûlés de Metz. Pour la première fois, une équipe de France Télévisions a pu pénétrer dans ce service spécialisé et constater l’intensité des soins. Derrière chaque porte, la survie se joue au rythme des opérations et des soins continus.
Mathieu Aubrun, 27 ans, fait partie des rescapés. Originaire d’Alsace, le jeune homme travaillait comme jardinier paysagiste et avait choisi de passer quelques semaines au bar pour le réveillon. Le soir du drame, il se trouvait à l’intérieur lorsque l’incendie a éclaté.
« Il a raconté qu’il y a eu une explosion et qu’il a senti le souffle sur lui. Il voulait aider les clients avant de se mettre à l’abri, mais la fumée l’a fait perdre connaissance », explique son frère Thomas. Mathieu a été brûlé à plus de 25 % de son corps et a été plongé dans un coma artificiel pour atténuer la douleur.
Depuis cinq jours, son père Lionel et son frère restent à ses côtés. La famille vit un mélange de peur et d’espoir. « Il est dans une phase critique où les choses peuvent encore basculer. Hier, il a ouvert les yeux. Quand il nous a entendus, il a réagi, mais les médecins appellent à la prudence. Son pronostic vital reste engagé », confie Lionel. Voir le visage de Mathieu transformé par les brûlures choque ses proches. La cicatrisation est visible, mais la route vers la récupération sera longue.
Une mobilisation exceptionnelle des équipes médicales
Au centre de Metz, trois autres rescapés de Crans-Montana reçoivent des soins intensifs. Les opérations de greffe de peau se succèdent pour limiter les séquelles. « Habituellement, nous opérons une fois par jour. Là, nous avons dû activer deux blocs opératoires pour répondre aux besoins », explique le Dr Ryad Alaedin, chirurgien-plasticien. L’organisation est exceptionnelle et mobilise toute l’équipe.
Le Dr Boris Glavnik, chef du centre, précise que la prise en charge d’un grand brûlé est un processus long. « Cela peut durer plusieurs jours, plusieurs mois, voire plusieurs années. L’hospitalisation est longue, et chaque étape demande une vigilance extrême », affirme-t-il.
Les soins ne se limitent pas aux opérations. Les patients bénéficient également d’un suivi psychologique et d’une rééducation progressive pour retrouver leur autonomie.
À lireCrans-Montana : le lien controversé entre les Moretti et la serveuse CyaneLes familles vivent ces semaines avec intensité. Chaque réveil est un soulagement, chaque progrès un petit pas vers l’espoir. « Est-ce qu’on retrouvera le même Mathieu solaire ? Nous ne voulons pas en douter », confie son père.
La reconstruction ne concerne pas seulement le corps. Elle implique aussi le mental et le lien familial. Les proches accompagnent les patients au quotidien, partageant chaque moment, chaque douleur et chaque avancée.
Des corps abîmés, mais l’espoir persiste
Le centre de Metz accueille donc des survivants dans un état critique. Les équipes soignent, rassurent et surveillent chaque évolution. Les opérations de greffe de peau, les soins intensifs et le soutien psychologique s’enchaînent pour limiter les séquelles et maximiser les chances de récupération.
Ces journées illustrent la fragilité de la vie et la force de la solidarité. Les patients comme Mathieu affrontent un parcours difficile, mais les équipes médicales et les familles restent à leurs côtés. Chaque sourire retrouvé, chaque mouvement retrouvé est une victoire après le drame de Crans-Montana.
Pour les familles, la route est longue. Pour les médecins, elle exige une vigilance continue. Et pour les patients, chaque respiration compte. Malgré les corps abîmés et les cicatrices visibles, l’espoir persiste. Les prochains mois seront cruciaux, mais la détermination des proches et le professionnalisme des équipes offrent une chance de reconstruire ce qui a été brisé.
Les grands brûlés de Crans-Montana vivent aujourd’hui au rythme des soins intensifs, mais chaque geste médical et chaque soutien familial rapprochent un peu plus de la guérison. Le chemin est encore long, mais la résilience et l’espoir demeurent.
