Crans-Montana : les familles dénoncent un placement en détention trop tardif

  Jacques Moretti, le gérant du bar, a été arrêté après la tragédie, tandis que l'avocat des familles des victimes souligne les retards et s'interroge sur le manque de contrôles de sécurité.

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L’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse, a coûté la vie à 40 personnes et laissé plus de 110 blessés. La tragédie a marqué les familles et toute la communauté. Le vendredi 9 janvier, un hommage national a été rendu aux victimes, tandis que le gérant du bar, Jacques Moretti, a été placé en détention.

Sa femme, Jessica Moretti, est restée libre. Pour les familles, cette décision arrive tardivement et ne soulage qu’en partie.

Me Sébastien Fanti, avocat de plusieurs familles touchées par le drame, a dénoncé sur BFMTV le délai entre le drame et la mise en détention. « Cette procédure est urticante pour les victimes. On leur fait subir plus que ce qui est nécessaire. On les fait attendre avant de prendre une décision pour un placement en détention », a-t-il déclaré. Selon lui, le placement de Jacques Moretti aurait dû intervenir plus tôt.

Une détention contestée et un risque de libération

Le gérant et sa femme ont été entendus par le ministère public suisse le même jour que l’hommage. Jacques Moretti a été placé en détention en raison d’un risque de fuite, mais Jessica Moretti reste libre. Pour l’avocat, cette situation reste préoccupante.

« Il y a beaucoup de victimes qui ont dit : ‘enfin’. Mais cette satisfaction, je dois immédiatement la juguler, car il n’est pas certain que ce soir, il n’y ait pas de libération », a-t-il expliqué.

Jacques et Jessica Moretti doivent être présentés à un tribunal des mesures de contraintes dans les 48 heures. Celui-ci décidera du maintien en détention ou d’éventuelles mesures alternatives, comme le port d’un bracelet électronique.

Me Fanti prépare les victimes à toutes les hypothèses. « Psychologiquement, j’ai préparé toutes mes victimes à sa libération. Cette hypothèse n’est pas que théorique », précise-t-il. Pour l’avocat, une éventuelle libération poserait un problème institutionnel majeur et accentuerait le traumatisme des familles.

Normes de sécurité et enquêtes en cours

D’après les premiers éléments de l’enquête, l’incendie aurait été provoqué par des bougies étincelantes en contact avec le plafond du sous-sol du bar. L’embrasement s’est propagé rapidement, piégeant les clients, principalement des adolescents et des jeunes adultes.

L’enquête s’intéresse désormais à la conformité des travaux réalisés par les propriétaires en 2015. Les matériaux utilisés, les voies de secours, les moyens d’extinction et le respect des normes incendie, notamment la mousse installée au plafond, sont examinés. Cette mousse semble s’être embrasée très rapidement, amplifiant le drame.

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La commune de Crans-Montana a reconnu qu’aucune inspection sécurité et incendie n’avait été effectuée depuis 2019. Me Fanti souligne que d’autres personnes pourraient être poursuivies. « Il n’y aura pas que deux accusés sur le banc, il y aura d’autres personnes mises en prévention », prévient-il. Il s’interroge sur les contrôles manquants depuis des années et leur rôle dans la survenue d’un drame d’une telle ampleur.

Pour les familles, le chemin vers la justice sera long. La perte et le traumatisme restent présents, et chaque décision judiciaire est scrutée avec attention. Le placement en détention de Jacques Moretti marque une étape, mais il ne suffit pas à apaiser la douleur. Les victimes et leurs proches attendent que l’enquête approfondisse les responsabilités et que toutes les mesures soient prises pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.

La tragédie de Crans-Montana pose des questions lourdes sur la sécurité des établissements publics et sur le suivi des normes incendie. Les familles réclament des réponses claires et un traitement rapide des responsables. L’affaire reste ouverte et promet encore de nombreux rebondissements judiciaires.


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