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Le drame survenu à Crans-Montana lors du réveillon du Nouvel An continue de marquer les esprits. Dans la nuit, un incendie a ravagé le bar Le Constellation. Le bilan reste terrible. Quarante personnes ont perdu la vie. Plus d’une centaine d’autres souffrent de brûlures graves. Parmi elles, deux jeunes filles âgées de 17 et 20 ans. Leur mère a pris la parole le samedi 10 janvier 2026 sur BFMTV. Son témoignage glace le sang.
La sidération a laissé place à une douleur profonde. Puis la colère est arrivée. Cette mère raconte l’impensable avec des mots chargés d’émotion. Elle décrit l’état de ses filles comme grave, autant physiquement que psychologiquement. Le traumatisme ne se limite pas aux blessures visibles. Les images reviennent sans cesse. Les nuits deviennent impossibles.
« D’abord, il y a eu la peine et le choc. Aujourd’hui, il reste la colère et l’incompréhension », confie-t-elle. Sa voix tremble. Son regard traduit une fatigue immense. Elle parle d’un combat quotidien, sans certitude sur l’avenir de ses enfants.
Des blessures physiques et mentales irréversibles
La plus jeune des deux filles, âgée de 17 ans, porte des brûlures au troisième degré au dos et à la main. Elle revit la scène sans interruption. Les flammes l’encerclent encore dans ses cauchemars. Elle voit ses amis mourir autour d’elle. Elle suffoque. Elle frappe contre des portes closes. Elle se souvient de la chaleur, de la fumée, du chaos.
Cette adolescente a trouvé la force d’arracher son pull en feu. Ce geste lui a sauvé la vie. Sa mère le répète avec émotion. Sans cette réaction, le pire aurait eu lieu. Malgré cela, son état psychologique reste très sévère. Elle a assisté à la mort de proches. Cette vision ne la quitte plus.
Sa sœur de 20 ans traverse une épreuve différente, mais tout aussi lourde. Les médecins ont rasé entièrement sa chevelure. Elle reste alitée, immobilisée. Elle parle peu. Elle lutte chaque jour. « Elle se bat », répète leur mère. Personne ne sait comment elle se relèvera. L’incertitude pèse sur chaque instant.
Les soins s’enchaînent. Les interventions aussi. Le chemin vers la guérison semble long et semé d’obstacles. Pour cette famille, le temps s’est figé le soir du drame. Depuis, chaque jour ressemble à une épreuve supplémentaire.
Une colère dirigée vers les responsables du bar
Rapidement, la mère des victimes a désigné les propriétaires du Constellation. Elle accuse Jacques et Jessica Moretti sans détour. Selon elle, les conditions de sécurité n’offraient aucune chance de fuite. Elle évoque un goulot d’étranglement trop étroit. Elle parle d’un lieu sans issue de secours. Ses mots sont durs. Elle qualifie l’établissement de piège mortel.
« Nos enfants étaient voués à mourir », lance-t-elle, la voix brisée. Elle réclame une sanction exemplaire. Elle exige que justice soit rendue. Elle refuse toute idée de remise en liberté. Pour elle, les responsables connaissaient les risques. Ils auraient continué malgré tout.
À lireHaute-Saône : deux bébés découverts dans un congélateur, la mère en garde à vueSon message s’adresse aussi aux magistrats. Elle les interpelle directement. Elle leur demande de ne pas laisser sortir les coupables. Elle estime qu’une libération reviendrait à infliger une seconde brûlure aux victimes. Sa colère se mêle à une détresse profonde.
Sur le plan judiciaire, une instruction pénale vise Jacques et Jessica Moretti. Les chefs retenus concernent l’homicide par négligence, les lésions corporelles par négligence et l’incendie par négligence. Jacques Moretti se trouve actuellement en détention. Sa femme reste libre sous contrôle.
L’enquête se poursuit afin de déterminer les circonstances exactes de l’incendie. Les familles attendent des réponses. Elles attendent aussi des décisions fortes. Pour cette mère, une chose demeure claire. Rien ne rendra la vie d’avant. Ses filles portent désormais les marques visibles et invisibles d’un drame qui aurait pu être évité.
À Crans-Montana, le deuil s’accompagne d’une quête de vérité. Les blessures continuent de saigner. La parole de cette mère rappelle l’ampleur humaine de la tragédie, bien au-delà des chiffres.
