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Le drame survenu au Constellation, à Crans-Montana, continue de soulever de lourdes questions. Dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, un incendie meurtrier a coûté la vie à 40 personnes et blessé près de 120 autres.
Parmi les victimes figurent de nombreux jeunes adultes, mais aussi des adolescents parfois âgés de 14, 15 ou 16 ans. Cette réalité interroge sur les conditions d’accès à ce bar-club pourtant soumis à une réglementation stricte.
La loi valaisanne encadre clairement la fréquentation des bars. Après 22 heures, les moins de 16 ans ne peuvent y accéder qu’en présence d’un adulte. Malgré cela, plusieurs mineurs se trouvaient à l’intérieur du Constellation le soir du drame.
Selon une enquête du média suisse Blick, cette situation s’explique par une pratique bien connue des habitués. Une porte discrète permettait d’éviter les contrôles.
Les témoignages recueillis décrivent un système rodé. Les jeunes connaissaient l’astuce. Ils contournaient la file d’attente et le videur sans difficulté. Cette habitude aurait circulé de bouche à oreille, facilitant l’accès à des adolescents pourtant interdits de soirée.
L’entrée secrète du Constellation : une porte latérale connue des habitués
Selon plusieurs témoins, une porte coulissante en verre se situait à gauche de l’accès principal du bar. Cette ouverture menait au magasin de ski attenant au Constellation. De là, un passage permettait de rejoindre directement l’intérieur de l’établissement. Un digicode protégeait cette porte secondaire. Ceux qui connaissaient la combinaison entraient sans croiser le personnel de sécurité.
Oscar, un jeune Zurichois de 19 ans, connaît bien le lieu. Il confirme cette pratique. « Beaucoup de jeunes connaissaient cette astuce et parvenaient ainsi à esquiver le videur », explique-t-il. Selon lui, la porte restait verrouillée la nuit et s’ouvrait depuis l’intérieur. Pourtant, le code permettait aussi une ouverture depuis l’extérieur.
À lireIncendie du Constellation : une ex-serveuse brise le silence sur des pratiques jugées dangereusesD’autres habitués confirment ces propos. Richard Howell raconte utiliser systématiquement ce passage. Il précise qu’il passait par la porte coulissante, puis empruntait une seconde ouverture pour rejoindre le bar. Cette méthode offrait un accès rapide et discret, loin du regard du personnel chargé des contrôles d’âge.
Ainsi, la possession du digicode devenait une clé d’accès privilégiée. Cette faille facilitait la présence de mineurs lors des soirées les plus fréquentées. Le soir du Nouvel An, cette réalité a pris une dimension tragique.
Une faille lourde de conséquences
Oscar et ses amis ont tenté de rejoindre le Constellation cette nuit-là. Ils connaissaient l’existence de cette porte. Pourtant, ils n’ont jamais retrouvé la bonne combinaison. « Nous avons eu trois occasions de rentrer et elles ont toutes échoué », confie-t-il. Ce contretemps leur a probablement sauvé la vie.
Pour d’autres jeunes, la chance n’a pas joué le même rôle. La présence de mineurs parmi les victimes relance le débat sur la responsabilité des gérants et sur la gestion de la sécurité. Le contournement des contrôles n’aurait rien eu d’exceptionnel. Il s’agissait d’une pratique installée dans le temps, connue de nombreux clients réguliers.
Cette révélation alourdit le contexte de l’enquête judiciaire. Les autorités cherchent à comprendre comment un tel dispositif a pu fonctionner sans alerte. La question du digicode et de son usage revient désormais au centre des investigations.
Les familles endeuillées réclament des réponses claires. Elles veulent savoir comment leurs enfants ont pu se retrouver dans un lieu qui ne leur était pas destiné. Cette porte latérale symbolise aujourd’hui une défaillance majeure.
Le drame de Crans-Montana ne se limite pas à un incendie accidentel. Il met en lumière des pratiques tolérées, voire ignorées. Chaque témoignage apporte une pièce supplémentaire au puzzle. Les enquêteurs analysent désormais ces accès secondaires et leur rôle dans la surfréquentation du Constellation cette nuit-là.
La station suisse reste sous le choc. Les habitants, les proches des victimes et l’opinion publique attendent des conclusions fermes.
À lireCrans-Montana : six ans avant la tragédie, un serveur alertait déjà sur le danger au ConstellationLa sécurité, le respect des règles et la protection des mineurs occupent désormais le devant de la scène. À Crans-Montana, la douleur se mêle à une exigence de vérité.
