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Un homme de 35 ans meurt dans un commissariat parisien. Sa famille réclame la vérité. L’affaire suscite une vive émotion. Elle pose de lourdes questions sur les conditions d’interpellation et de garde à vue.
Samedi 17 janvier, l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou, annonce le dépôt d’une plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort ». Selon lui, les éléments du dossier laissent peu de place au doute.
El Hacen Diarra, ressortissant mauritanien, décède dans la nuit de mercredi à jeudi dans le XXe arrondissement de Paris. Les faits se déroulent après son interpellation par des policiers. Rapidement, la famille conteste la version officielle. Elle évoque des violences graves. Elle s’appuie sur des images vidéo et des témoignages directs.
Une interpellation au cœur de graves accusations concernant la mort de cet homme
Selon le parquet de Paris, les policiers contrôlent El Hacen Diarra après l’avoir vu rouler un joint de cannabis. Les agents évoquent un refus de se soumettre aux palpations. L’interpellation dégénère. L’homme chute au sol. Deux policiers tombent avec lui à deux reprises. L’un d’eux affirme avoir utilisé un taser, touchant la cheville du suspect.
Ces éléments ne convainquent pas la famille. Me Yassine Bouzrou parle de preuves accablantes. Il mentionne une vidéo filmée de nuit. Les images montrent un homme plaqué au sol. Un policier, à genoux, porte un coup de poing en sa direction. D’autres agents arrivent une minute plus tard.
L’avocat souligne la présence de sang sur les lieux. Des témoins décrivent une mare visible après l’interpellation. Pour la famille, ces éléments attestent d’une violence extrême. Elle estime que la situation justifiait une prise en charge médicale immédiate.
Le parquet précise qu’El Hacen Diarra arrive au commissariat sans incident lors du transport. Le test d’alcoolémie se révèle négatif. Les policiers demandent ensuite un transfert à l’hôpital en raison d’une plaie à l’arcade sourcilière. Ces éléments figurent dans la version officielle.
À lireUn homme porté disparu retrouvé mort près d’un ruisseau après deux jours de recherchesLa défense conteste cette chronologie. Me Bouzrou affirme que les policiers eux-mêmes jugent nécessaire une hospitalisation rapide dès l’arrivée au commissariat. Il évoque des violences graves lors de l’interpellation et possiblement à l’intérieur des locaux.
Une plainte déposée et une enquête confiée à l’IGPN
Face à ces zones d’ombre, la famille décide d’agir. Elle dépose plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort ». L’avocat justifie cette démarche par l’absence de saisine d’un juge d’instruction. Selon lui, le dossier présente déjà des éléments suffisamment lourds.
Dans la soirée, El Hacen Diarra attend sur un banc du commissariat. Il fait alors un malaise. Un arrêt cardio-respiratoire survient. Un policier commence un massage cardiaque. Les pompiers prennent le relais à leur arrivée vers 23h45. Le décès est constaté à 00h20.
Après le drame, le parquet ouvre une enquête en « rechercher les causes du décès de cet homme ». Il confie le dossier à l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale. Cette structure enquête sur les agissements des forces de l’ordre.
La famille réclame une qualification pénale plus claire. Elle souhaite que la justice examine les faits sous l’angle de violences mortelles. Elle demande aussi une analyse approfondie des images, des témoignages et des rapports médicaux.
Cette affaire relance le débat sur les contrôles policiers et l’usage de la force. Elle rappelle d’autres dossiers marqués par des décès en garde à vue. Chaque nouveau cas alimente la défiance et la colère de certaines familles.
À lireLyon : un homme condamné à 25 ans pour le meurtre de son ex devant leurs enfantsPour les proches de cet homme, la priorité reste la vérité. Ils veulent comprendre ce qui s’est réellement passé. Ils attendent des réponses précises. La procédure judiciaire s’annonce longue. Les enjeux restent considérables, autant pour la famille que pour l’institution policière.
