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Vingt jours après l’incendie meurtrier de Crans-Montana, l’émotion reste vive. Le drame, survenu dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026 au bar Le Constellation, a coûté la vie à 40 personnes et blessé 116 autres.
Parmi les victimes figurent neuf Français, dont le DJ Matéo Lesguer, connu sous le nom de scène Neoshy. Depuis, l’enquête avance. Mais un élément trouble la compréhension des faits : la vidéo-surveillance du bar s’est arrêtée quelques minutes avant le départ du feu.
Les enquêteurs suisses cherchent à comprendre ce dysfonctionnement. Les images auraient pu éclairer le déroulement précis du drame. Elles manquent aujourd’hui au dossier. Ce vide nourrit les interrogations, alors que les responsabilités restent au cœur des débats.
Des caméras figées juste avant l’incendie
Lors de sa première audition, le 1er janvier, Jacques Moretti, propriétaire du Constellation, a présenté des captures d’écran issues du système de vidéo-surveillance. Ces images montrent un dispositif totalement bloqué à partir de 1h23 du matin. L’incendie débute quelques minutes plus tard, vers 1h30. Selon le gérant, le système refuse toute réinitialisation. Il affirme ne pas pouvoir remonter le fil des événements.
Les caméras couvraient onze angles différents du bar. Elles offrent un aperçu précieux de la fréquentation juste avant le drame. Le rez-de-chaussée apparaît très fréquenté. À l’inverse, l’étage supérieur, où se situaient les sorties, semble presque vide. Une image attire particulièrement l’attention : une sortie de secours du sous-sol apparaît obstruée par un meuble, vraisemblablement une chaise.
Les enquêteurs ignorent encore l’état exact de cette issue au moment où le feu se déclare. Ils ne savent pas non plus si l’extincteur placé à proximité a servi. Cette absence de certitude complique la reconstitution des faits. Elle alimente aussi la colère des familles, qui réclament des réponses précises.
D’après les premiers éléments, des bougies allumées lors de la soirée auraient embrasé la mousse acoustique fixée au plafond. Le feu se propage ensuite à grande vitesse dans un espace clos, bondé de jeunes âgés de 14 à 39 ans. La panique s’installe. La fumée envahit le sous-sol. Les possibilités de fuite se réduisent brutalement.
Le destin brisé de Neoshy et les soupçons autour des images
Au cœur de ce drame, le parcours de Matéo Lesguer touche profondément. À 23 ans, le DJ originaire du Maine-et-Loire commençait à se faire un nom. Sous le pseudonyme de Neoshy, il avait conquis plusieurs établissements de l’ouest de la France. Sa résidence à Crans-Montana confirmait cette reconnaissance. Il s’apprêtait à entamer sa troisième saison hivernale dans la station suisse.
Son mix du réveillon restera son dernier. La musique s’arrête net dans les flammes. Les hommages se multiplient depuis l’annonce de son décès. Amis, collègues et passionnés de musique saluent un artiste travailleur, ambitieux et apprécié. Son histoire symbolise une jeunesse fauchée en pleine ascension.
Parallèlement, une autre question agite l’enquête : les images de vidéo-surveillance ont-elles disparu volontairement ? Le média allemand Bild avance cette hypothèse et évoque une suppression complète des données. Cette théorie circule, sans confirmation officielle à ce stade. Les autorités suisses restent discrètes sur ce point. Elles poursuivent leurs vérifications techniques.
La justice a placé Jacques Moretti en détention provisoire afin d’éviter tout risque de fuite. Sa femme fait face à plusieurs obligations judiciaires. Les enquêteurs cherchent à établir si un simple incident technique explique l’arrêt des caméras ou si une action humaine intervient dans cette défaillance.
À lireCrans-Montana : Coline, rescapée de l’incendie, sort enfin du comaCe drame dépasse largement le cadre d’une soirée festive qui tourne mal. Il interroge la sécurité des lieux de nuit, la gestion des flux, l’accès aux issues de secours et la fiabilité des dispositifs de contrôle. À Crans-Montana, le temps judiciaire suit son rythme.
Pour les familles, chaque jour sans réponse prolonge la douleur. Le silence des images manquantes pèse lourd, alors que la vérité reste encore hors de portée.
