Un an après le procès des viols de Mazan en France, une enquête québécoise secoue l’opinion publique. Les journalistes Hugo Meunier et Cloé Giroux ont voulu savoir si l’affaire Pelicot n’était que « l’arbre qui cache la forêt ». Pour cela, ils ont publié une fausse annonce sur JALF, une plateforme de rencontres spécialisée dans les fantasmes se*xuels. Le texte proposait des rapports se*xuels avec une femme endormie, accompagné d’images générées par intelligence artificielle.
Les résultats dépassent l’imagination. En seulement 48 heures, 105 hommes ont répondu positivement. La plupart n’ont posé aucune question sur le consentement. Seuls trois s’en sont inquiétés et un seul a évoqué explicitement qu’il s’agirait d’un viol.
Hugo Meunier décrit la scène : « Au lieu de rebuter les gars, ça les excitait ». L’expérience met en lumière une se*xualité unidirectionnelle, centrée sur le désir masculin, où la femme est objet et passive.
La se*xologue Laurence Desjardins qualifie ce comportement de terrifiant : « C’est un rapport à la femme qui dort, c’est la femme qui est inactive, c’est la femme qui ne dit pas non. C’est moi, mon fantasme, ce que je veux faire… au détriment de l’autre. »
Pour Sony Carpentier, sociologue, cette logique révèle un profond problème de perception : « C’est un homme qui donne la permission d’utiliser la femme, donc c’est encore cette idée de la femme comme objet, dont il est propriétaire. C’est immensément violent. »
Une alerte sur l’éducation et le consentement
Le documentaire, diffusé sur Savoir Média, questionne aussi l’éducation se*xuelle et la responsabilité des hommes. Cloé Giroux affirme : « Les fantasmes ont un peu le dos large. On a longtemps éduqué les jeunes filles à être prudentes. Là, il faut éduquer les gars au respect ! Il faut que les gars commencent, entre eux, à se remettre en question. »
Le procédé employé par les journalistes met en évidence la facilité avec laquelle certaines personnes normalisent le viol ou le fantasme de viol. L’annonce a été supprimée deux semaines après sa publication, suite au signalement d’un internaute, et le profil a été interdit de recréation.
La plateforme a également banni certains participants. Malgré cette action, la réaction est jugée tardive par les auteurs. Hugo Meunier déclare : « Ça m’a rassuré, même si l’intervention est venue après coup. »
Les commentaires des participants montrent l’étendue du problème. Beaucoup ont répondu « aucun problème » aux conditions décrites, allant jusqu’à accepter des mises en scène incluant des somnifères ou un silence total. Cette expérience sociale déstabilise et pousse à une réflexion urgente sur la prévention et la sensibilisation.
À lireSteffi Graf : l’histoire d’une femme qui a transformé la pression en gloire et les épreuves en victoires !Cloé Giroux et Hugo Meunier veulent faire passer un message clair : le consentement doit primer, même dans le cadre des fantasmes. Le documentaire met en lumière la banalisation d’actes criminels et le danger d’une perception patriarcale du corps féminin. L’expérience souligne qu’il reste beaucoup à faire pour faire évoluer les mentalités et protéger les femmes.
Ce documentaire n’est pas seulement un constat alarmant : il interpelle chaque spectateur sur ses valeurs et sur le respect à accorder aux autres. La question finale posée par Cloé Giroux résonne : « Vous, qu’est-ce que vous en faites maintenant ? »
