Mort d’un collégien dispensé de sport : le professeur d’EPS condamné par la justice

  Six ans après le décès de Baptiste lors d’un cours d’éducation physique, le tribunal de Thonon-les-Bains prononce une peine de 18 mois de prison avec sursis contre l’enseignant.

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La justice a tranché dans une affaire qui a profondément marqué la communauté éducative de Haute-Savoie. Six ans après la mort de Baptiste, collégien de 12 ans décédé lors d’un cours d’éducation physique, le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains a condamné son ancien professeur d’EPS.

La juridiction a prononcé une peine de dix-huit mois de prison avec sursis, accompagnée d’une amende de 5 000 euros.

Le drame s’est produit le 1er décembre 2020 au collège François-Mugnier, à Bons-en-Chablais. Ce jour-là, l’adolescent participait à une épreuve d’endurance en course à pied. Pourtant, un certificat médical le dispensait officiellement de sport pour des raisons de santé.

L’élève souffrait depuis l’enfance d’une cardiomyopathie hypertrophique, une pathologie cardiaque grave. Un malaise est survenu pendant l’effort. Malgré l’intervention rapide des secours, Baptiste n’a pas survécu.

Le professeur a comparu pour homicide involontaire. Le parquet lui reprochait une violation délibérée d’une obligation de prudence et de sécurité prévue par la loi. Lors de l’audience, le procureur avait requis deux ans de prison, estimant que les faits révélaient une faute caractérisée.

Un enseignant face à la responsabilité pénale

À la barre, l’enseignant a contesté toute intention fautive. Il a affirmé ne pas avoir eu connaissance du certificat d’inaptitude médicale de l’élève. Sa défense s’est appuyée sur le fonctionnement du logiciel Pronote, utilisé dans l’Éducation nationale.

Selon lui, l’interface complexe n’affichait pas clairement les documents médicaux. Il a expliqué n’avoir jamais vu l’alerte liée à la pathologie cardiaque de l’adolescent.

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L’enseignant a également exprimé sa détresse. Il s’est dit marqué à vie par le décès de Baptiste. Depuis les faits, l’administration l’a muté. Il n’exerce plus au contact direct des enfants. Son avocate, Me Mathilde Reboux, a dénoncé une lecture injuste du dossier. Elle a décrit son client comme un « bouc émissaire » et un « coupable idéal ». Selon elle, la justice ne pouvait retenir une faute caractérisée.

Malgré ces arguments, le tribunal a retenu la responsabilité pénale du professeur. Les juges ont estimé qu’il devait vérifier les contre-indications médicales avant toute épreuve physique. La condamnation, même assortie du sursis, marque une étape forte dans ce dossier sensible. Elle rappelle que le devoir de vigilance s’impose à chaque acteur de la chaîne éducative.

Une chaîne de défaillances pointée par la famille

Du côté de la famille de Baptiste, la décision judiciaire apporte une forme de reconnaissance. Leur avocat, Me Hervé Gerbi, a insisté sur les manquements collectifs. Selon lui, l’établissement scolaire connaissait les problèmes de santé de l’enfant depuis l’année précédente. Il a évoqué plusieurs signalements transmis à l’administration. À ses yeux, l’affaire dépasse le seul comportement de l’enseignant.

Cette position met en lumière les dysfonctionnements internes au sein de certains établissements. La circulation de l’information médicale reste un enjeu majeur. Les parents attendent des garanties claires pour protéger les élèves fragiles. Les outils numériques, censés faciliter le suivi, peuvent parfois créer des angles morts.

Ce drame relance aussi le débat sur la sécurité pendant les cours d’EPS. Les enseignants doivent composer avec des classes nombreuses et des contraintes administratives lourdes. Pourtant, la justice rappelle que la vigilance ne souffre aucune approximation quand la santé des élèves entre en jeu.

Aujourd’hui, le nom de Baptiste demeure associé à une affaire emblématique. Elle questionne la responsabilité individuelle, mais aussi le fonctionnement global du système éducatif. La condamnation du professeur d’EPS ne referme pas toutes les blessures. Elle souligne néanmoins l’exigence de rigueur attendue dans le cadre scolaire, afin qu’un tel drame ne se reproduise plus.


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