L’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, dans la nuit du Nouvel An, continue de révéler des zones d’ombre. Les époux Moretti, propriétaires de l’établissement, ont affirmé devant les enquêteurs qu’un de leurs employés aurait verrouillé une sortie de secours. Cette porte bloquée aurait contribué à piéger plusieurs victimes.
Le cuisinier mis en cause a immédiatement contesté ces déclarations. Contacté par Le Parisien, il explique : « Je n’étais pas en service à ce moment-là, on m’a juste demandé un coup de main pour apporter des glaçons.
Pendant que j’étais sur place, un client m’a demandé de sortir par une porte côté bar. Je n’ai pas réussi à ouvrir le verrou, situé à environ deux mètres du sol. Je n’ai donc pas fermé une porte déjà fermée. »
Selon lui, l’alerte est intervenue seulement 30 secondes avant le départ du feu. Il précise que les caméras de surveillance fonctionnaient encore à son départ. L’employé espère que ces enregistrements pourront confirmer sa version des faits et disculper son nom.
Une photo récente, obtenue par France 2, montre qu’une chaise bloquait la sortie. Jacques Moretti, auditionné sur ce point, a suggéré qu’un client aurait pu la placer là dans la soirée ou la veille. Cette situation alimente encore le mystère et complique l’enquête sur les responsabilités exactes des gérants et du personnel.
Des contradictions qui compliquent l’enquête des époux Moretti
Les auditions des époux Moretti ont été longues et détaillées. Ils ont insisté sur le fait que le cuisinier aurait fermé la porte de service après avoir livré des glaçons. Pour eux, cette action serait l’une des causes ayant piégé les victimes.
Cependant, le témoignage du cuisinier et la vidéo récente viennent contredire cette version. Il explique avoir été appelé ponctuellement pour aider et ne jamais avoir eu l’intention de verrouiller quoi que ce soit. La caméra pourrait fournir une preuve décisive.
À lireCrans-Montana : le père d’un serveur accuse les Moretti après l’incendie meurtrierCette affaire met également en lumière la gestion de la sécurité dans l’établissement. Plusieurs experts pointent que le recollage des dalles de mousse, qui a eu lieu quelques semaines avant le drame, n’a pas été réalisé par une entreprise spécialisée.
Les employés ont été sollicités pour effectuer cette tâche. Jean-Michel Gilbert, père d’un serveur rescapé, dénonce cette pratique : « C’est facile de demander à de jeunes employés de recoller des dalles. Une entreprise spécialisée aurait fait les choses correctement et nous n’aurions pas eu cette tragédie. »
Depuis l’incendie, la question de la responsabilité des propriétaires reste centrale. Jacques Moretti a été libéré sous caution de 200 000 francs suisses, mais il reste sous enquête, tout comme son épouse, pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ».
L’affaire de Crans-Montana illustre combien un simple détail peut avoir des conséquences dramatiques. La polémique autour de la porte de service et la version contradictoire du cuisinier montrent que l’enquête devra examiner chaque élément avec minutie. La vérité sur les responsabilités reste encore à déterminer, alors que les familles des victimes et les rescapés attendent des réponses claires.
