Gaëtan T., 28 ans, se remet lentement de ses blessures après l’incendie tragique du bar Le Constellation à Crans-Montana. Le 31 décembre 2025, il travaillait au bar du haut lorsque le feu a démarré au sous-sol. Le drame a fait 40 morts et plus d’une centaine de blessés. Gaëtan a perdu connaissance en essayant de secourir les victimes.
« J’ai ce souvenir des premiers cris et de la panique », raconte-t-il au micro de BFMTV. « J’ai essayé de me protéger avec mon bras pour inhaler le moins de fumée possible et tirer une personne. » Le barman ne se rappelle que de flashes : des personnes coincées dans les escaliers, un bouchon qui bloquait l’évacuation. « J’ai vite perdu connaissance… Je ne sais même pas comment je suis sorti. »
À son réveil, une semaine plus tard, il découvre l’ampleur des dégâts sur son corps et sur sa mémoire. Brûlé sur 10 % de sa peau et intoxiqué par la fumée, il a dû réapprendre à parler et reconnaître sa famille.
Après près de trois semaines d’hospitalisation, Gaëtan pointe les failles du bar. Selon lui, le lieu était un vrai « bric à brac ». Les dalles de mousse acoustique, fixées avec des queues de billard, se sont embrasées pendant l’incendie.
Avant l’accident, il n’avait reçu aucune formation sur les gestes à adopter en cas d’incendie. Les conditions de travail et l’organisation de l’établissement lui semblaient inadaptées pour un lieu accueillant autant de clients, souvent très jeunes. « Je me suis demandé si nous avions un extincteur dans le bar du haut…
À lireJe ne suis pas tombé malade pendant 43 ans : 5 produits que je consomme chaque jourJe ne m’en souviens pas », confie-t-il. Cette négligence soulève des questions sur la sécurité générale du bar et sur les responsabilités des propriétaires.
Les employés contredisent les gérants et dénoncent les manquements
Les époux Moretti, propriétaires du bar, ont été arrêtés et interrogés par la justice suisse. Dans leur version, l’un des salariés aurait verrouillé la porte de service derrière laquelle plusieurs victimes ont été retrouvées.
Les employés, dont Gaëtan, contestent cette version. « C’est trop facile de se dédouaner, je trouve ça écœurant », fulmine le barman. Les images des caméras confirment que la porte était déjà fermée avant l’incident.
Deux semaines avant l’incendie, Gaëtan avait aidé les propriétaires à recoller les dalles de mousse acoustique usagées. La colle utilisée était inconnue et potentiellement inflammable. « Je me demande si ça n’a pas eu un effet sur l’incendie », précise-t-il. Cette intervention improvisée illustre le manque de rigueur et d’entretien du bar.
Le barman dénonce également l’absence de suivi après le drame. « Les employés, les clients, les familles… On sera tous marqués toute notre vie. Nous n’avons eu aucune nouvelle depuis. Ils auraient pu vérifier si on allait bien. Ce n’est pas honnête. »
Les proches de Gaëtan soutiennent son témoignage. Son père, Jean-Michel Gilbert, accuse les propriétaires d’avoir tenté de rejeter la responsabilité sur les salariés. « Ils ont essayé d’accabler les employés pour fuir leurs responsabilités », affirme-t-il à BFMTV.
À lireCrans-Montana : Gaëtan survit à l’incendie et esquisse un sourireCette tragédie met en lumière les dangers liés à la mauvaise organisation et au manque de mesures de sécurité dans les établissements recevant du public. Le témoignage de Gaëtan rappelle que chaque détail compte, de la formation des employés à l’entretien des matériaux inflammables. Chaque négligence peut avoir des conséquences dramatiques.
Aujourd’hui, Gaëtan T. se concentre sur sa récupération physique et psychologique. Il espère que son témoignage aidera à comprendre ce qui s’est réellement passé et à prévenir de futures tragédies.
Le barman, qui avait prévu de quitter le bar avant le Nouvel An, reste marqué par la nuit du 31 décembre et par les décisions qui auraient pu sauver des vies.
