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La mort du petit Émile continue de susciter de nombreuses interrogations. L’enquête avance par étapes, avec une attention particulière portée aux objets saisis lors des perquisitions. Parmi eux, deux vélos retiennent aujourd’hui l’attention des enquêteurs.
Les investigations autour de ces éléments matériels pourraient apporter de nouveaux éclairages sur les circonstances de ce drame qui bouleverse toujours l’opinion publique.
Les enquêteurs de la section de recherches de Marseille ont procédé à la saisie de deux vélos le 16 décembre dernier au domicile des grands-parents d’Émile, situé au Haut-Vernet. Le premier se trouvait dans le garage, le second dans une remise attenante à la maison.
Les gendarmes ne les ont pas sélectionnés au hasard. Selon des informations concordantes, Maximin, l’un des oncles du petit garçon, utilisait régulièrement ces deux vélos lors de ses séjours dans le hameau.
Rapidement après leur saisie, les enquêteurs ont envoyé ces vélos à Bordeaux. Le laboratoire du professeur Christian Doutremepuich, référence nationale dans le domaine de l’analyse ADN, a pris en charge les expertises.
À lireAffaire Émile Soleil : un proche à nouveau dans le viseur après des témoignages troublantsLes techniciens poursuivent actuellement leurs travaux. Une source proche du dossier précise que les analyses suivent toujours leur cours, sans résultat communiqué à ce stade.
Des expertises ADN au cœur des investigations
Le laboratoire bordelais a reçu pour mission de relever toute trace biologique exploitable présente sur les vélos. Les experts recherchent des empreintes digitales, des résidus de sang ou d’autres marqueurs génétiques. Chaque micro-élément compte. Les spécialistes doivent ensuite identifier les profils associés à ces traces afin de déterminer à qui ils appartiennent.
Une fois ces données établies, les juges d’instruction d’Aix-en-Provence prendront le relais. Ils analyseront les résultats et décideront de leur portée judiciaire. Les magistrats devront ensuite déterminer si ces éléments renforcent certaines hypothèses ou s’ils écartent des pistes déjà étudiées. Cette étape marque un tournant potentiel dans le dossier, car elle repose sur des preuves scientifiques concrètes.
Maximin, aujourd’hui âgé de 20 ans, se trouvait bien au Haut-Vernet lors de la disparition d’Émile, le 8 juillet 2023. Il réside désormais dans le sud de la France et exerce une activité professionnelle. Il n’a jamais pris la parole publiquement et souhaite conserver son anonymat. Il fait partie des neuf oncles et tantes du petit garçon et reste le fils de Philippe et Anne Vedovini, les grands-parents d’Émile.
En mars 2025, les grands-parents, ainsi que Maximin et Marthe, l’une des tantes, ont fait l’objet de gardes à vue. Les enquêteurs ont pris cette décision après le témoignage d’une personne affirmant avoir vu Émile descendre la rue du hameau le jour de sa disparition.
Selon ce même récit, Philippe, Maximin et Marthe auraient emprunté cette rue quelques minutes plus tard, avant de la remonter rapidement en sens inverse. À l’issue des auditions, la justice n’a retenu aucune poursuite.
Une cellule d’enquête toujours mobilisée
La cellule dédiée à l’affaire Émile poursuit ses travaux. Les enquêteurs multiplient les vérifications afin d’établir un lien éventuel entre les stigmates observés sur le corps de l’enfant et un objet précis. Leur attention se concentre notamment sur une lésion relevée sur l’os situé au niveau de la pommette droite.
Le rapport anthropologique remis début 2025 après l’expertise de la boîte crânienne écarte plusieurs hypothèses. Les spécialistes excluent un accident de la route, une chute involontaire ou une intervention animale. L’expert privilégie la piste d’un coup porté volontairement, possiblement à l’aide d’un objet. Cette conclusion oriente durablement la stratégie judiciaire.
À lireMort d’Émile : nouvelles saisies et objets expertisés au Haut-VernetLes enquêteurs se sont rendus à deux reprises au Haut-Vernet en moins de huit jours, les 16 et 22 décembre 2025. Six membres de la section de recherches de Marseille ont participé à ces déplacements afin de poursuivre les constatations sur place et de confronter les éléments matériels aux témoignages recueillis.
Sollicité à plusieurs reprises, le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, n’a pas souhaité s’exprimer. De leur côté, les grands-parents, l’oncle et la tante d’Émile ont été entendus le 9 décembre dernier en qualité de parties civiles.
L’avocate de Maximin affirme que son client coopère pleinement avec la justice et reste disponible pour toute démarche visant à faire émerger la vérité.
