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Le dossier du bébé tué au Destop dans une crèche lyonnaise revient devant la justice. À partir de ce mercredi, l’ancienne employée de la structure fait face à un nouveau procès en appel à Bourg-en-Bresse. Déjà condamnée à 25 ans de réclusion criminelle en première instance, elle comparaît de nouveau après l’appel formé par le ministère public, soutenu par les parents de la petite Lisa.
Les faits remontent à juin 2022. Lisa, âgée de 11 mois, meurt après avoir ingéré un déboucheur pour canalisations de type Destop dans une micro-crèche située à Lyon. L’émotion reste intacte. Les débats s’annoncent à nouveau éprouvants pour la famille, qui espère une reconnaissance pénale plus sévère.
Un geste reconnu, une qualification contestée
Lors du premier procès, l’employée de crèche avait reconnu avoir fait ingérer le produit corrosif au bébé. Myriam Jaouen, âgée de 27 ans au moment des faits et titulaire d’un CAP petite enfance, avait expliqué avoir agi pour faire taire les pleurs de l’enfant. Elle a toujours nié toute volonté de donner la mort.
Les jurés de la cour d’assises du Rhône avaient écarté la qualification de meurtre. Ils avaient retenu les faits d’actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. La peine prononcée atteignait 25 années de réclusion criminelle. Cette décision a profondément choqué les parents de Lisa.
Lors des audiences, leur avocate, Me Catherine Bourgade, avait exprimé une incompréhension totale. Elle avait dénoncé un verdict en décalage avec la gravité des faits. Selon elle, verser volontairement un déboucheur dans la bouche d’un nourrisson ne peut relever d’un geste sans intention mortelle. Le parquet avait initialement requis 30 ans de prison, avant de faire appel du jugement.
À lireLe bébé de 7,28 kg né en 1983 : son apparence actuelle va vous surprendre !Dès sa garde à vue, l’accusée avait livré plusieurs versions. Elle avait ensuite admis avoir maintenu la tête de l’enfant pour lui faire avaler le liquide. Elle évoquait un geste impulsif, motivé par l’épuisement et l’incapacité à supporter les pleurs. Cette reconnaissance constitue l’un des éléments centraux du dossier examiné en appel.
Dix minutes pour un drame irréversible
Le 22 juin 2022, Myriam Jaouen assurait seule l’ouverture de la micro-crèche « People & Baby », où elle travaillait depuis trois mois. Peu avant 8 heures, le père de Lisa dépose sa fille, comme chaque matin. Dix minutes plus tard, une autre mère découvre une scène alarmante.
Lisa présente des nausées, puis des vomissements. L’employée se montre paniquée. Les secours interviennent rapidement. Le bébé succombe à l’hôpital malgré les tentatives de réanimation.
L’autopsie révèle des brûlures internes majeures et des lésions très étendues. Les médecins écartent rapidement la piste accidentelle. La quantité de produit ingérée ne correspond pas à une erreur ou à une manipulation involontaire.
Le premier procès a aussi mis en lumière la personnalité de l’accusée. Les experts ont décrit une jeune femme fragile, avec une maturité émotionnelle limitée. Elle souffrait d’une surdité partielle au moment des faits. Elle vivait encore chez ses parents après un parcours scolaire difficile. Son expérience professionnelle reposait sur des missions courtes et irrégulières dans la petite enfance.
Ces éléments ont nourri les débats judiciaires sans convaincre la famille de la victime. Pour les parents de Lisa, aucune fragilité personnelle ne peut justifier un tel acte. Ils disent avoir le sentiment de perdre leur fille une seconde fois à chaque audience.
À lireBébé d’un jour entre la vie et la mort : une mère accuse le père d’une tentative d’infanticideLe procès en appel se déroule sur trois jours, du mercredi 28 au vendredi 30 janvier 2026. La cour devra se prononcer à nouveau sur la qualification pénale et la peine. Les magistrats analyseront les faits, les expertises médicales et les déclarations de l’accusée.
Cette affaire continue de bouleverser l’opinion publique. Elle interroge sur la sélection du personnel en crèche, sur l’encadrement des structures d’accueil et sur la protection des tout-petits. Pour les parents de Lisa, l’attente demeure lourde. Ils espèrent que la justice reconnaîtra pleinement la gravité du geste qui a brisé leur vie.
