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L’enquête sur l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana prend une nouvelle direction. Une quatrième personne se retrouve désormais dans le viseur de la justice. Il s’agit de l’actuel chargé de la sécurité de la mairie. Les enquêteurs l’entendront début février. Cette évolution renforce les soupçons autour des contrôles municipaux et de leur efficacité.
Le drame a marqué la nuit du Nouvel An. Le bar a pris feu en pleine affluence. Le bilan reste lourd. Un mort. Plusieurs blessés graves. Très vite, les autorités ont promis des réponses. Aujourd’hui, les responsabilités semblent s’élargir.
Après les gérants du bar, Jacques et Jessica Moretti, puis un ancien responsable de la sécurité communale, la justice s’intéresse à celui qui occupe actuellement ce poste clé. Selon BFMTV, il devra s’expliquer le 6 février. Son rôle interroge. Sa mission aussi.
Car le chargé de sécurité contrôle les établissements recevant du public. Chaque année. Il vérifie les normes incendie. Il signale les anomalies. Il alerte la mairie si nécessaire. Or, les faits montrent un suivi très limité concernant Le Constellation.
En dix ans, le bar n’a subi que trois contrôles. Le dernier remonte à 2020. Ce chiffre étonne. Il choque même les victimes. Il nourrit surtout une question centrale : qui a laissé faire ?
Des rapports alarmants et des avis favorables incompréhensibles
BFMTV a consulté plusieurs rapports d’inspection rédigés depuis 2015. Le contenu pose problème. À chaque visite, les agents signalent des manquements répétés. Aucun détail ne rassure.
Les inspecteurs mentionnent un escalier de secours en bois. Ils notent l’absence de formation du personnel. Ils soulignent un défaut de signalisation des extincteurs. D’autres points apparaissent encore. La liste s’allonge. Les risques s’accumulent.
À lireIncendie spectaculaire : 8 blessés et une femme de 87 ans en urgence absolueMalgré cela, la mairie délivre des avis favorables. Elle autorise la poursuite de l’activité. Elle ne ferme pas l’établissement. Cette contradiction alimente la colère. Elle renforce le sentiment d’un laxisme institutionnel.
Me Jean-Claude Giudicelli, avocat de deux victimes gravement blessées, ne mâche pas ses mots. Sur BFMTV, il parle d’une « comédie judiciaire ». Il pose une question simple : « Qui a fermé les yeux ? »
Dès le lendemain du drame, les autorités locales ont reconnu un manque de contrôles. Elles ont aussi promis d’assumer leurs responsabilités. Depuis, chaque audition semble rapprocher l’enquête d’un dysfonctionnement plus large.
La mise en cause de l’actuel chargé de sécurité illustre cette dynamique. Elle montre que l’enquête ne se limite plus aux seuls exploitants du bar.
Gérants sous pression judiciaire et auditions clés à venir
Jacques et Jessica Moretti restent au cœur du dossier. La justice les poursuit pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence. Les deux gérants subissent des mesures de contrainte.
Jacques Moretti a connu la détention provisoire dès le 9 janvier. Il a retrouvé la liberté le 23 janvier après le versement d’une caution. Le couple a déjà répondu aux questions des enquêteurs à la mi-janvier.
Les auditions ont porté sur plusieurs éléments techniques. Les enquêteurs se sont intéressés à la mousse antiphonique collée au plafond. Elle aurait pris feu à cause de feux de bengale fixés sur des bouteilles de champagne. Ce détail pèse lourd dans l’analyse du départ de l’incendie.
Les gérants ont aussi évoqué les mesures de sécurité internes. Ils ont parlé d’une porte de service restée fermée lors du mouvement de panique. Cette fermeture aurait compliqué l’évacuation.
À lireCrans-Montana : Coline, rescapée de l’incendie, sort enfin du comaParallèlement, la justice avance sur le volet institutionnel. Un ancien chargé de sécurité de la mairie a déjà été mis en cause. Il avait contrôlé le bar en 2018 et 2019. Les enquêteurs l’entendront le 9 février.
Avec quatre personnes désormais impliquées, l’affaire de Crans-Montana prend une dimension plus large. Elle dépasse le simple cadre d’un établissement. Elle interroge le fonctionnement des contrôles publics. Et elle maintient une pression forte sur les autorités locales, attendues sur leurs actes autant que sur leurs paroles.
