Le président américain Donald Trump a annoncé la rupture de toutes relations commerciales avec l’Espagne. Cette décision fait suite au refus de Madrid d’autoriser l’usage de ses bases militaires pour une offensive contre l’Iran. Depuis la Maison Blanche, Trump a déclaré que l’Espagne avait été « insupportable » et qu’il ne voulait plus rien avoir à faire avec le pays.
Le gouvernement espagnol a réagi rapidement. Dans un communiqué officiel, il a souligné que tout changement dans les relations commerciales devait respecter l’autonomie des entreprises privées, le droit international et les accords bilatéraux entre l’Union européenne et les États-Unis.
Madrid rappelle son rôle clé au sein de l’OTAN et sa contribution significative à la défense européenne. Le pays reste un partenaire commercial fiable pour 195 pays, dont les États-Unis.
Pedro Sánchez, président du gouvernement espagnol, a répondu à Trump dans une allocution télévisée. Sans mentionner directement le président américain, il a résumé la position de l’Espagne en quatre mots : « Non à la gue*rre ».
Il a évoqué les conflits en Ukraine, à Gaza et en Irak pour rappeler que la force ne doit pas masquer les échecs politiques. Le gouvernement espagnol affirme que toute intervention en Iran doit passer par le Congrès américain et obtenir le soutien des Nations Unies.
À lireIran : Emmanuel Macron répond fermement aux menaces sur le détroit d’OrmuzLes ministres espagnols des Affaires étrangères et de la Défense ont confirmé que les bases américaines de Rota et de Morón ne participeraient pas à des opérations offensives contre l’Iran. Le Pentagone a retiré une douzaine d’avions ravitailleurs KC-135 déployés sur ces bases. Margarita Robles, ministre de la Défense, a insisté sur le respect du droit international et a précisé que les bases ne pourraient intervenir qu’en cas de nécessité humanitaire.
Une Europe divisée face à la crise
L’Espagne adopte la position la plus ferme parmi les pays de l’Union européenne contre l’offensive américano-israélienne en Iran. Madrid a même rappelé l’ambassadeur d’Iran pour consultations, dénonçant toutes les attaques dans la région.
L’UE, par la voix de son porte-parole Olof Gill, attend que Washington honore ses engagements commerciaux avec les États membres. La Commission européenne promet de protéger les intérêts de l’Union.
Les réactions des autres pays européens sont contrastées. L’Allemagne soutient l’Espagne tout en demandant d’augmenter les dépenses militaires à 3 % ou 3,5 % du PIB. Le Royaume-Uni, dirigé par Starmer, refuse de participer aux frappes aériennes mais autorise l’usage de ses bases pour des missions défensives. Trump a exprimé sa déception, affirmant que cette décision affecte la relation avec Londres.
La France adopte une position similaire à celle de l’Espagne. Emmanuel Macron condamne l’action militaire américaine et israélienne contre l’Iran, la jugeant contraire au droit international. Il accuse néanmoins l’Iran d’être le principal responsable de la crise en raison de son programme nucléaire, de son financement de groupes terroristes et de sa volonté de détruire Israël.
Pour protéger les intérêts français, Macron déploie le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale et met en garde contre toute offensive terrestre israélienne au Liban, qu’il qualifie de risque stratégique.
À lireLa tension explose entre les États-Unis l’Iran et IsraëlCette situation démontre une Europe divisée face à une offensive américaine et israélienne jugée unilatérale. Les tensions se renforcent alors que l’Iran riposte par des attaques dans la région. Les décisions de Trump provoquent un réel débat sur la souveraineté des États européens et le respect des règles internationales.
Madrid maintient sa ligne. La rupture commerciale annoncée par Trump ne modifie pas la stratégie espagnole. L’accent reste sur le respect du droit international et la protection de la population. Les analystes soulignent que cette posture pourrait inspirer d’autres pays européens à défendre leur autonomie face aux pressions américaines.
En refusant d’autoriser l’usage de ses bases pour une offensive militaire, l’Espagne s’affirme comme un acteur majeur de la diplomatie européenne. Pedro Sánchez et son gouvernement montrent que l’équilibre entre sécurité, commerce et droit international demeure un enjeu central dans la politique étrangère du pays.
