Montrer le sommaire Cacher le sommaire
Donald Trump relance la guerre commerciale. Le président américain a signé un décret imposant une taxe douanière mondiale de 10 %. Il a justifié cette décision comme une urgence nationale. Cette mesure intervient après un revers judiciaire majeur face à la Cour suprême des États-Unis.
Depuis le Bureau ovale, le président a annoncé une entrée en vigueur « presque immédiate ». La Maison Blanche précise une application officielle à partir du 24 février pour une durée de 150 jours. L’incertitude demeure concernant les pays ayant déjà négocié des accords supérieurs à 10 %.
La Cour suprême, dominée par une majorité conservatrice, a récemment jugé que la loi de 1977 sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux ne permet pas au président d’imposer des droits de douane de cette nature. Selon la majorité, seul le Congrès détient cette compétence. Si les législateurs avaient voulu accorder un tel pouvoir, ils l’auraient formulé clairement.
Trump a exprimé sa « profonde déception ». Il accuse certains juges d’agir sous influence étrangère. Il rejette toute erreur stratégique. Selon lui, les six magistrats opposés aux taxes agissent pour des raisons idéologiques.
Une bataille juridique et économique à haut risque
Le président a largement fondé sa politique étrangère sur l’usage des droits de douane. Il les considère comme un levier de négociation puissant. Il les a déjà utilisés contre le Mexique, le Canada et la Chine pour des motifs liés à l’immigration ou au trafic de drogue.
À lireLa tension explose entre les États-Unis l’Iran et IsraëlCette nouvelle taxe de 10 % pourrait concerner l’ensemble des partenaires commerciaux. Une étude de l’Université de Pennsylvanie estime les montants en jeu à 175 milliards de dollars. La question du remboursement des sommes déjà perçues reste floue. Le président admet lui-même qu’il ne connaît pas l’issue juridique de ce point.
Le juge Brett Kavanaugh, dissident dans la décision rendue à six voix contre trois, évoque un possible « fiasco ». Il craint une instabilité prolongée. Le litige pourrait durer plusieurs années.
Malgré ce revers, la Cour autorise le maintien de taxes ciblées sur des secteurs stratégiques comme l’automobile, l’acier et l’aluminium. Cette décision limite partiellement la portée du jugement. Elle permet au président de conserver certains outils commerciaux.
Les réactions politiques se multiplient. Le sénateur républicain Don Bacon rappelle que le pouvoir de lever des droits de douane appartient exclusivement au Congrès. Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre, critique une stratégie économique qu’il juge désastreuse et source d’incertitude massive.
Répercussions internationales et fragilité économique
À l’international, les partenaires commerciaux surveillent la situation. Le Mexique annonce une analyse approfondie. L’Union européenne adopte la même posture. Le Canada prépare des mécanismes de réponse plus contraignants. Le Royaume-Uni, lié par un accord de libre-échange avec Washington, souhaite préserver sa position commerciale privilégiée.
Trump affirme que ses accords avec le Japon, l’Inde et la Corée du Sud restent valides. Il continue d’utiliser les droits de douane comme outil de pression diplomatique. Cette stratégie vise à rééquilibrer le commerce extérieur américain.
Pourtant, les chiffres économiques envoient des signaux contrastés. La croissance américaine pour 2025 atteint 2,2 %, contre 2,8 % l’année précédente. Le déficit commercial augmente légèrement et atteint 1,24 billion de dollars. Ces données fragilisent le discours présidentiel selon lequel les droits de douane représentent une solution miracle.
La Bourse de New York a d’abord ouvert en baisse avant de clôturer en hausse. Le Dow Jones gagne 0,47 %. Le Nasdaq progresse de 0,90 %. Les marchés semblent donc temporiser face à l’incertitude juridique.
À lireCristiano Ronaldo et Donald Trump : une prise de position qui fait réagir le monde du footballCette séquence révèle un affrontement institutionnel majeur entre l’exécutif et le judiciaire. Elle souligne aussi la tension persistante autour de la politique commerciale américaine. Donald Trump maintient sa ligne. Il défend une approche offensive face à la mondialisation.
Les prochains mois détermineront l’impact réel de cette taxe douanière mondiale de 10 %. Les décisions judiciaires, les réactions internationales et l’évolution des indicateurs économiques façonneront la suite. Une chose reste certaine : le commerce mondial entre dans une nouvelle phase d’instabilité stratégique.
