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L’aquamation, parfois appelée « crémation par l’eau », suscite un intérêt croissant auprès des familles. Cette méthode dissout le corps du défunt dans une cuve à 150 °C, offrant une alternative plus respectueuse de l’environnement par rapport à l’inhumation ou la crémation classique.
La France reste majoritairement attachée à l’inhumation, mais les mentalités évoluent. Selon une enquête de l’OGF réalisée avec Ipsos en 2024, la crémation représente désormais 46 % des obsèques en France, contre seulement 1 % en 1980.
L’impact environnemental des pratiques funéraires traditionnelles pèse lourd. Une seule crémation produit en moyenne 320 kg de dioxyde de carbone. Face à ces chiffres, l’aquamation attire de plus en plus de personnes soucieuses de limiter leur empreinte écologique.
Ce procédé permet de réduire les émissions de CO₂ par un facteur de sept. Cette technique, surnommée « crémation verte », repose sur le chauffage d’un mélange composé d’eau et d’hydroxyde de potassium, sous pression, dans lequel le corps se décompose rapidement. Les restes osseux sont ensuite transformés en poudre, comme pour une crémation classique.
Comment fonctionne l’aquamation ?
Le processus commence par l’enveloppement du corps dans un linceul biodégradable, souvent en soie ou en laine. La personne est ensuite placée dans une cuve hermétique remplie d’environ 95 % d’eau et 5 % d’hydroxyde de potassium.
Le mélange est chauffé à près de 150 °C. Cette étape accélère la décomposition naturelle, ne laissant que les os. Ces derniers sont soigneusement rincés, séchés puis réduits en poudre grâce à un appareil appelé crémulateur.
Contrairement à la crémation traditionnelle, l’aquamation ne génère pas de fumées toxiques et réduit considérablement l’impact environnemental. Les effluents sont ensuite traités dans des installations spécifiques. En Écosse, par exemple, la société Kindly Earth travaille avec Scottish Water pour gérer ces effluents et garantir la sécurité écologique du procédé. Ces infrastructures doivent respecter des normes strictes et obtenir des autorisations avant de pouvoir fonctionner.
Une tendance mondiale en pleine expansion
L’aquamation a déjà été adoptée dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis et en Irlande. En 2021, l’archevêque Desmond Tutu a choisi cette méthode pour ses funérailles, mettant en lumière cette alternative.
L’Écosse est devenue le premier pays européen à autoriser officiellement l’aquamation, avec une mise en place prévue pour l’été 2026. Jenni Minto, ministre écossaise de la Santé publique, a qualifié cette pratique d’« alternative respectueuse de l’environnement ».
À lireCancer des vaisseaux : ce premier symptôme que tout le monde ignore, soyez prudent !Le coût reste comparable à celui d’une crémation classique, ce qui la rend accessible à un large public. Certaines personnes ont même modifié leur testament afin de choisir l’aquamation après leur décès. Cette démarche reflète un désir croissant de funérailles respectueuses de l’environnement, en phase avec les préoccupations écologiques actuelles.
En France, la pratique reste interdite pour le moment, mais l’intérêt pour des méthodes plus vertes ne cesse de croître. Les familles cherchent des alternatives qui allient respect du défunt et conscience écologique. L’aquamation apparaît ainsi comme une solution moderne, offrant un compromis entre tradition et durabilité.
Avec l’augmentation des inquiétudes environnementales, cette technique pourrait gagner en popularité et se répandre dans d’autres pays européens dans les années à venir. La simplicité du procédé, son impact réduit sur l’environnement et son accessibilité financière constituent des arguments forts pour son adoption.
L’aquamation représente une évolution majeure des pratiques funéraires. Elle répond à une demande croissante de solutions écologiques tout en respectant la dignité des défunts. À mesure que les mentalités changent, cette méthode pourrait transformer la manière dont les sociétés envisagent les obsèques, conciliant modernité et respect de la planète.
