Les scientifiques inquiets face à deux virus au comportement totalement inattendu

  Une nouvelle alerte inquiète les autorités sanitaires mondiales

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Les récentes flambées virales observées dans plusieurs régions du monde provoquent de nombreuses inquiétudes. Pourtant, la peur ne représente pas le seul problème. Les chercheurs eux-mêmes reconnaissent leur confusion face au comportement inhabituel de certains virus.

Depuis plusieurs semaines, deux épidémies attirent particulièrement l’attention des autorités sanitaires mondiales. D’abord, une flambée de hantavirus signalée à bord du navire MV Hondius a causé plusieurs contaminations et plusieurs décès. Ensuite, une nouvelle vague d’Ebola en Afrique centrale a entraîné des centaines d’infections et de nombreux morts.

Dans les deux situations, les scientifiques observent un phénomène surprenant : ces virus ne semblent plus agir comme prévu.

Les hantavirus, par exemple, se transmettent normalement par contact avec des rongeurs infectés ou leurs excréments. Généralement, les humains contractent l’infection après avoir inhalé des particules contaminées présentes dans l’air.

Pourtant, lors de l’épidémie apparue sur le bateau de croisière, les chercheurs soupçonnent une transmission directe entre humains. Ce comportement reste extrêmement inhabituel pour ce type de virus.

Concernant Ebola, la situation inquiète également les spécialistes. Depuis plusieurs années, les chercheurs ont développé des vaccins et des traitements efficaces contre certaines formes du virus. Grâce à ces progrès, plusieurs épidémies récentes avaient été mieux contrôlées.

Cette fois, le virus observé en Afrique appartient à une variante différente appelée virus Bundibugyo. Les traitements existants contre les anciennes formes d’Ebola pourraient donc se révéler inefficaces.

Une immense diversité virale encore largement inconnue

Les experts expliquent que ces difficultés viennent principalement de la diversité gigantesque des virus présents dans le monde. Beaucoup de personnes utilisent des noms généraux comme “Ebola” ou “hantavirus” pour parler de maladies très différentes sur le plan génétique.

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Le virologue Jens Kuhn, membre du Comité international de taxonomie des virus, rappelle que deux virus portant un nom similaire peuvent fonctionner de manière totalement différente.

Les scientifiques comparent parfois cette situation au monde animal. Regrouper tous les virus sous un même terme reviendrait à considérer un tigre, une chauve-souris et une baleine comme des animaux identiques simplement parce qu’ils appartiennent tous à la catégorie des mammifères.

Les chercheurs ont identifié le premier virus Ebola en 1976 près du fleuve Ebola, dans l’actuelle République démocratique du Congo. Peu après, une autre épidémie est apparue au Soudan avec un virus ressemblant fortement au premier.

Pourtant, l’analyse génétique a révélé d’importantes différences entre les deux variantes. Les chercheurs ont ensuite reconnu officiellement plusieurs espèces distinctes du virus Ebola.

En 2007, une nouvelle espèce appelée virus Bundibugyo a provoqué une importante flambée en Ouganda. Cette variante diffère génétiquement de plus de 30 % des autres formes connues d’Ebola.

Cette différence explique pourquoi les vaccins développés contre la souche Zaïre ne fonctionnent pas correctement contre le virus Bundibugyo.

Des mutations capables de changer complètement un virus

Les hantavirus présentent eux aussi une énorme diversité. Les chercheurs connaissent actuellement des dizaines d’espèces différentes réparties dans plusieurs régions du monde.

Certaines attaquent principalement les reins. D’autres touchent les poumons ou le cœur. Chaque espèce continue également d’évoluer à travers des mutations qui modifient parfois profondément son comportement.

Le foyer observé sur le MV Hondius provient d’une variante appelée virus des Andes. Contrairement aux autres hantavirus connus, cette souche semble capable de se transmettre directement entre humains.

Les scientifiques pensent que certaines mutations génétiques permettent cette transmission inhabituelle. Pourtant, personne ne sait encore précisément quelles modifications provoquent ce changement.

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Cette situation pousse désormais plusieurs laboratoires à analyser d’anciennes échantillons conservés dans des centres de recherche en Amérique du Sud. Les chercheurs espèrent identifier d’autres variantes capables de se propager entre personnes.

Les spécialistes craignent également la découverte future de nouvelles espèces proches d’Ebola encore inconnues aujourd’hui. Certaines pourraient déjà circuler discrètement chez des animaux sauvages en Afrique.

Les informations les plus préoccupantes concernent finalement le virus Bundibugyo, responsable de la nouvelle flambée d’Ebola en Afrique centrale. Contrairement aux anciennes souches, cette variante ne possède actuellement ni vaccin approuvé ni traitement réellement efficace.

Parallèlement, le virus des Andes lié au foyer de hantavirus intrigue fortement les chercheurs car il pourrait transmettre l’infection directement entre humains, un comportement presque jamais observé auparavant chez les hantavirus.


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