Affaire Lyhanna dans le Gers : la honte du suspect Jérôme Barella face aux enquêteurs

  Les secrets du profil psychologique du principal accusé et les graves failles d'une machine judiciaire sous tension.

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L’affaire de la disparition de la petite Lyhanna dans le Gers prend une tournure tragique. Les forces de l’ordre concentrent leurs efforts sur Jérôme Barella, un homme de 41 ans.

Cet individu, marié et père de famille, connaissait bien la victime de 11 ans. Les enquêteurs l’ont rapidement placé en garde à vue. Face aux preuves et aux contradictions, son attitude interpelle les spécialistes du comportement criminel.

Le silence d’un suspect face aux preuves judiciaires

Jérôme Barella a d’abord choisi une stratégie d’évitement. Il a reconnu avoir déposé la jeune fille près de la piscine le vendredi 29 mai. Les caméras de vidéosurveillance de Fleurance confirment sa présence à 15h05 avec l’adolescente dans son véhicule.

La piscine municipale de la commune restait fermée ce jour-là. Après cette déclaration initiale, l’homme s’est muré dans un silence complet.

Jeudi 4 juin, les forces de l’ordre ont découvert le corps d’un enfant près de Fleurance, sur un site agricole. Jérôme Barella connaissait bien ce lieu pour y avoir travaillé.

Les autorités attendent les résultats des analyses pour confirmer l’identité de la victime. Le parquet d’Agen précise que les vêtements correspondent à ceux de la collégienne.

Florent Gathérias, psychocriminologue et directeur général de l’ES3P, analyse les réactions du suspect sur Franceinfo.

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Selon lui, le principal suspect « est quelqu’un qui se mure dans le silence, dans le déni, qui refuse d’admettre son implication dans ce type d’acte. D’abord pour se protéger car il pense qu’il n’est ‘pas vu, pas pris’. Ceci dit, quand on le confronte aux preuves, il aurait dû lâcher un petit peu pour avoir une stratégie de défense beaucoup plus efficace, en reconnaissant ses torts. »

Ce spécialiste ajoute une distinction majeure entre le remords et la perception de soi. Grâce à des sources proches du dossier, il décrypte la psychologie de l’homme en garde à vue.

« Le déni sert aussi à protéger sa propre image. C’est tout ce qui abouti à la mort de cette petite fille qui est insupportable pour lui aussi. Ça lui apporte de la honte, pas de la culpabilité, mais de la honte d’avoir été découvert », estime ce spécialiste. Jérôme Barella reste présumé innocent à ce stade de l’enquête officielle.

Des failles administratives et des plaintes antérieures ignorées

L’enquête met en lumière de graves dysfonctionnements administratifs. Jérôme Barella faisait déjà l’objet de plusieurs procédures pour vio*ls sur mineurs. La procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, comptabilise plusieurs dossiers.

Un renseignement de 2017 et une plainte de 2022 ont débouché sur des classements sans suite. Une nouvelle plainte pour vio*l sur mineur a été déposée le mercredi 3 juin 2026. Une sixième procédure, initiée dans le Tarn-et-Garonne, concerne des agressions sur une enfant placée.

Une plainte d’août 2025 suscite une vive indignation. La mère de la victime s’est exprimée sur France 2. Elle considérait Jérôme Barella comme un ami proche.

« Il proposait, je suis sur Auch, est-ce que tu veux que je récupère ta fille ? Comme toutes les mamans célibataires, si quelqu’un nous tend la main, on prend », explique-t-elle. Sa fille Rosa, âgée de 10 ans au moment des faits, a subi ces agressions.

Sa maman déclare : « Elle raconte qu’il la déshabille. Il essaye de la pénétrer, que ça lui fait très mal et qu’il l’a fait plusieurs fois ».

La gendarmerie a transmis ce dossier au parquet d’Auch en décembre 2025. La mère de Rosa appelait chaque semaine pour suivre l’avancée de l’histoire. Les autorités l’ont alors menacée d’une main courante pour harcèlement.

Le suspect n’a jamais été auditionné pour ces faits de 2025. L’administration évoque une surcharge de travail des gendarmes en début d’année, notamment à cause de la crise agricole dans le Gers.

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Aurélien Martini, de l’Union Syndicale des Magistrats, admet cette réalité : « Les délais de traitement de ce type d’affaires ne sont pas acceptables parce que nous n’avons pas les moyens d’aller plus vite et que nous ne rendons pas le service que sont en droit d’attendre les Français de leur justice ».

Une source gouvernementale indique que la procureure d’Auch n’a pas appliqué la circulaire pénale de janvier dernier. Ce texte du garde des Sceaux imposait une vigilance absolue sur les vi*olences faites aux enfants.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclenché une enquête administrative pour analyser ces manquements. La justice envisage désormais de regrouper toutes les affaires pour analyser le parcours de Jérôme Barella.


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