Affaire Lyhanna : la France s’interroge après une marche blanche marquée par l’émotion et la colère

  À Fleurance, 5 000 personnes rendent hommage à la collégienne tandis que les critiques contre les défaillances institutionnelles se multiplient.

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La marche blanche organisée ce dimanche 7 juin à Fleurance a rassemblé des milliers de personnes venues rendre hommage à Lyhanna. La collégienne de 11 ans, retrouvée morte jeudi dans le Gers après plusieurs jours de recherches, reste au cœur d’une affaire qui bouleverse le pays.

Au fil des heures, l’émotion populaire s’est mêlée à une colère grandissante contre les défaillances pointées dans le suivi judiciaire du principal suspect, Jérôme Barella.

Dès le début de l’après-midi, des habitants de Fleurance, des communes voisines et de nombreux anonymes convergent vers le lieu de rassemblement.

Vêtus de blanc, souvent munis de fleurs, ils souhaitent soutenir la famille de la jeune fille. Selon la mairie, près de 5 000 personnes participent à cet hommage.

En tête du cortège, les parents de Lyhanna avancent entourés de proches, d’élus locaux et de représentants des forces de l’ordre.

Une banderole porte un message simple et poignant : « Lyhanna on t’aime, tu nous manques ». Le silence domine durant une grande partie du parcours. Beaucoup peinent à contenir leur émotion.

Le cortège marque un arrêt devant le collège Hubert Reeves, où Lyhanna était scolarisée. À cet endroit, ses parents accrochent des tee-shirts à son effigie ainsi que la banderole portée durant la marche. Depuis plusieurs jours, des habitants déposent des fleurs et des messages devant l’établissement.

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Parmi les participants, les témoignages reflètent une douleur profonde. « On est bouleversés et en colère », confie une mère de famille.

Une jeune femme ajoute : « On se rend compte que ça peut arriver partout (…) à n’importe qui ». Ces paroles traduisent le sentiment partagé par une partie de la population face à ce drame.

Une affaire qui déclenche un débat national

Au-delà de l’hommage, l’affaire Lyhanna soulève de nombreuses questions sur le fonctionnement de la justice. Les critiques visent notamment le traitement des plaintes déposées contre Jérôme Barella avant sa mise en examen.

Sur BFMTV, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin parle d’un « scandale d’État dans sa globalité » et dénonce une « multitude de défaillances ». Il ajoute : « C’est un scandale d’État dans sa globalité (…) nous ne pouvons pas mettre de côté la responsabilité politique ».

La présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, estime également que l’affaire engage une responsabilité politique. Sur LCI, elle déclare espérer une démission du garde des Sceaux Gérald Darmanin afin d’envoyer « un signal politique ».

De son côté, David Taupiac, député du Gers, appelle à privilégier le recueillement. « Cela a été d’abord l’inquiétude, puis la colère (…) puis aujourd’hui c’est le moment du deuil, de la dignité aussi », affirme-t-il.

Des appels à réformer la justice et mieux protéger les victimes

L’affaire provoque aussi une mobilisation dans le monde politique, associatif et culturel. Plusieurs personnalités publiques relaient un même message sur Instagram. Parmi elles figurent Juliette Binoche, Flavie Flament, Jeanne Cherhal ou encore Adeline Toniutti.

Le texte partagé dénonce le manque de protection des jeunes filles : « La France ne protège pas ses filles. Je pense aux mères qui ont porté plainte, aux filles qui ont subi (…) Lyhanna a été laissée seule. C’est inacceptable ».

Parallèlement, plusieurs responsables politiques avancent des pistes de réforme. Dominique de Villepin propose la création d’un parquet spécialisé pour les violences faites aux femmes et aux enfants. Laurence Rossignol appelle à nommer des magistrats spécifiquement formés aux violences sexistes et sexuelles dans chaque tribunal.

Bruno Retailleau souhaite, quant à lui, mettre en place une cour disciplinaire de la magistrature. Selon lui, les mécanismes actuels de sanction restent insuffisants.

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Les révélations continuent également de s’accumuler autour de Jérôme Barella. D’après les informations communiquées ces derniers jours, plusieurs nouvelles procédures ont émergé depuis sa mise en examen. Le nombre total d’affaires le concernant atteint désormais neuf dossiers distincts.

Dans ce contexte, certains observateurs pointent aussi les limites des outils judiciaires. Le logiciel Cassiopée, utilisé depuis près de vingt ans pour centraliser les procédures, cristallise les critiques.

Plusieurs professionnels dénoncent une saturation du système et des difficultés techniques susceptibles de ralentir le traitement de certains dossiers.

Alors que l’enquête se poursuit, la marche blanche de Fleurance marque un moment fort de recueillement collectif. Elle symbolise aussi une demande croissante de réponses, de justice et de réformes afin que de tels drames ne se reproduisent plus.


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