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Le meurtre de Lyhanna provoque une onde de choc bien au-delà du Gers. Ce drame ravive aussi des blessures profondes chez d’autres familles touchées par des faits similaires.
Parmi elles, Jennifer De Araujo, mère de Maëlys, victime de Nordahl Lelandais en 2017, prend la parole avec une forte émotion. Elle réagit dans un entretien accordé à Marianne et exprime à la fois sa douleur et sa colère.
Son témoignage s’inscrit dans un contexte déjà très tendu. Les révélations autour des signalements visant le principal suspect dans l’affaire Lyhanna relancent le débat sur le fonctionnement de la justice et la prise en charge des alertes concernant les mineurs.
Une mère entre douleur personnelle et colère face aux failles
Jennifer De Araujo établit rapidement un lien entre les deux affaires. En apprenant la disparition de Lyhanna, elle pense immédiatement à sa propre fille.
Elle explique : «L’enfant qui monte dans une voiture, l’exploitation de la vidéosurveillance pour retrouver sa trace… L’histoire de Lyhanna m’a tout de suite fait penser à Maëlys. Le pire pour nous fut les mois d’attente».
Ces mots traduisent une mémoire encore vive. Le souvenir de Maëlys, disparue dans la nuit du 26 au 27 août 2017, reste douloureux. Son corps partiel est retrouvé plusieurs mois plus tard, le 14 février, dans le massif de la Chartreuse. Depuis, sa mère poursuit un combat public pour la protection des enfants.
Face au meurtre de Lyhanna, elle ne cache pas sa colère. Elle estime que la parole des enfants ne reçoit pas toujours l’écoute nécessaire. Elle affirme : «Quand un enfant parle, et a fortiori dépose plainte. Il faut l’écouter.»
À lireMort de Lyhanna : la colère explose et les accusations se multiplientElle va encore plus loin dans son analyse. Pour elle, plusieurs affaires récentes montrent les mêmes défaillances. Elle cite notamment Maëlys, Lola et Lyhanna. Elle déclare : «Maëlys, Lola, Lyhanna… Autant d’exemples qui démontrent qu’il faut des morts pour que la justice se réveille.»
Des critiques sur les moyens et la protection des enfants
Au-delà de l’émotion, Jennifer De Araujo met aussi en avant la question des moyens. Elle évoque un manque de ressources dans les services de police et de justice. Selon elle, cette situation freine les enquêtes et retarde parfois les décisions.
Elle rappelle notamment certains éléments liés à l’affaire Nordahl Lelandais. Elle estime que certaines investigations auraient dû avancer plus rapidement.
Elle déclare : «Il n’y a peut-être pas suffisamment de personnels policiers et judiciaires… Cela est absurde ! Dans ce cas, il faut embaucher ! Si l’autre avait été arrêté encore plus tôt, Maëlys serait encore là».
Ces propos soulignent une demande claire de renforcement des effectifs. Ils reflètent aussi une volonté de prévenir de nouveaux drames. Pour elle, la question des moyens ne peut plus rester secondaire face à des affaires impliquant des enfants.
Dans son témoignage, elle rappelle aussi un principe fondamental. Elle insiste sur l’équilibre entre les droits de la défense et la sécurité des mineurs. Elle affirme : «Je tiens à rappeler que si les droits de la défense existent. Le droit des enfants à vivre en sécurité aussi.»
À lireMort de Lyhanna : une nouvelle opération relance l’enquête autour de Jérôme BarellaCe message résonne largement dans l’opinion publique. Il s’inscrit dans un contexte où plusieurs affaires similaires alimentent un débat national sur la protection de l’enfance et la réactivité des institutions.
Le témoignage de Jennifer De Araujo dépasse donc le cadre d’une réaction personnelle. Il devient un appel à la vigilance collective. Il met en lumière une exigence forte : mieux écouter, mieux protéger et agir plus vite face aux signaux d’alerte.
