Montrer le sommaire Cacher le sommaire
L’enquête sur la mort de Lyhanna continue de soulever de nombreuses questions. Alors que Jérôme Barella apparaît comme le principal suspect dans cette affaire qui bouleverse l’opinion publique, un nouveau témoignage vient relancer les interrogations sur le suivi des signalements effectués avant le drame.
Selon des informations révélées par BFMTV le 15 juin, une fillette de 11 ans aurait alerté les autorités plusieurs semaines avant la mort de Lyhanna.
Son témoignage, transmis aux services compétents, évoque des comportements jugés inappropriés de la part de Jérôme Barella.
Cette révélation intervient après le témoignage de Rosa, déjà largement médiatisé. Elle met en lumière un autre signalement qui, selon plusieurs sources citées par la chaîne d’information, n’aurait pas donné lieu à une intervention immédiate.
Le témoignage troublant d’une fillette de 11 ans
À l’été 2025, Léa, prénom d’emprunt utilisé pour préserver son identité, passe une nuit chez une amie. Cette soirée pyjama se déroule au domicile de Jérôme Barella.
Quelques mois plus tard, la jeune fille décide de raconter ce qu’elle a vécu. Dans un rapport de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), consulté par BFMTV, elle décrit plusieurs situations qui l’ont profondément mise mal à l’aise.
Le document indique notamment : « Elle rapporte que (…) alors qu’elle dormait chez son amie, elle aurait constaté la présence de Monsieur Barella derrière elle, à hauteur de ses fesses ».
Le rapport poursuit : « Selon ses déclarations, Monsieur Barella aurait effectué des gestes qu’elle qualifie de déplacés, sans qu’un contact physique ne soit mentionné ».
Léa évoque également un autre épisode qui l’a marquée. Selon ses propos, une simple bataille d’eau aurait pris une tournure dérangeante.
À lire« Depuis que tout a basculé » : la mère de Lyhanna sort du silence avec un message bouleversant« Elle peut aussi dire que lors d’une bataille d’eau, Monsieur Barella se serait collé à elle de façon très inappropriée au bord d’une fenêtre. Cela (l’a) mise mal à l’aise », précise le rapport.
La date exacte de cette scène n’apparaît pas dans les documents consultés. Malgré cela, les déclarations de l’adolescente alimentent aujourd’hui les investigations autour du suspect.
Pendant plusieurs mois, la jeune fille garde le silence. La peur explique en partie cette attente.
Après un cours consacré au harcèlement au collège, elle trouve finalement le courage de parler.
Les services sociaux rapportent ainsi : « Elle a fait ces déclarations suite à une conversation qu’elle a eue au collège sur le harcèlement. Elle dit ne pas avoir prévenu les adultes plus tôt par peur de se faire sermonner. Elle n’a pas souhaité et ne souhaite pas en faire part à sa mère par peur que celle-ci porte un jugement à son encontre ».
Un signalement transmis mais resté sans suite
Le témoignage de Léa ne reste pourtant pas dans les tiroirs de l’ASE. Les services concernés transmettent le dossier au parquet d’Auch ainsi qu’à la Cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) du Gers le 12 mars 2026.
Parallèlement, le département du Tarn-et-Garonne informe les parents de la jeune fille de leur possibilité de déposer plainte.
Malgré ces démarches, plusieurs sources proches du dossier affirment que l’enfant n’a été entendue ni par la justice ni par la CRIP dans les semaines qui ont suivi.
Cette situation suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations. Pourquoi ce signalement n’a-t-il pas déclenché une audition rapide ? Pourquoi les investigations n’ont-elles pas avancé plus tôt ?
Interrogée par BFMTV, la CRIP rappelle les limites de son champ d’action. Elle explique : « Lorsqu’un élément est porté directement à la connaissance du parquet par un service départemental ou un acteur habilité, la décision d’enquête et les suites judiciaires relèvent de la seule autorité judiciaire.
À lireMeurtre de Lyhanna : ce détail révélé lors du dernier interrogatoire de Jérôme Barella relance l’affaireLa CRIP est alors informée dans le cadre de la coordination départementale, mais n’a pas vocation à se substituer au parquet dans le traitement judiciaire du signalement ».
De son côté, la procureure d’Auch, Clémence Meyer, n’a pas répondu aux sollicitations de la chaîne d’information.
Selon BFMTV, Léa doit désormais être entendue par les enquêteurs en présence d’un éducateur spécialisé et de son avocate.
Alors que l’affaire Lyhanna continue de bouleverser la région et l’ensemble du pays, ce témoignage ajoute une nouvelle pièce à un dossier déjà particulièrement sensible.
Les investigations devront désormais déterminer si ces alertes auraient pu permettre une intervention plus précoce et si certains signaux ont été négligés avant le drame.
