Retraite des chauffeurs-routiers : quelles sont les règles et les avantages prévus pour cette profession ?

  Âge de départ, calcul de la pension, Congé de fin d'activité et revenus mensuels : voici ce que les chauffeurs-routiers peuvent réellement espérer à la fin de leur carrière.

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Le métier de chauffeur-routier fait partie des professions les plus exigeantes en France. Les longues heures passées au volant, les trajets de nuit, les délais serrés et les absences répétées rendent le quotidien particulièrement éprouvant.

Beaucoup de salariés se demandent donc si cette carrière ouvre la voie à une retraite plus avantageuse. Entre les règles de calcul, les dispositifs spécifiques et les montants versés, la réponse mérite quelques explications.

Contrairement aux idées reçues, un chauffeur-routier ne passe pas uniquement ses journées à conduire. Il contrôle aussi le chargement et le déchargement de son véhicule.

Il veille à la sécurité des marchandises transportées. Il respecte les temps de conduite et les pauses obligatoires. Cette polyvalence s’ajoute à une pression constante, liée aux délais de livraison et aux conditions de circulation.

Malgré ces contraintes, la pension de retraite ne reflète pas toujours les efforts fournis durant toute une carrière. Le montant dépend avant tout du statut professionnel, de la durée de cotisation et des revenus perçus pendant la vie active.

Des règles de départ différentes selon le statut du chauffeur-routier

Tous les chauffeurs-routiers ne relèvent pas du même régime de retraite. Les indépendants cotisent auprès de la Sécurité sociale des indépendants. Dans leur cas, l’âge légal de départ atteint désormais 64 ans.

Les personnes nées avant 1968 peuvent partir entre 62 ans et 63 ans et 9 mois, selon leur année de naissance. Une carrière longue ou une situation de handicap peut aussi permettre un départ plus tôt.

Les chauffeurs employés dans la fonction publique ou dans certaines entreprises publiques dépendent, eux, de régimes spécifiques. Les salariés du secteur privé suivent un fonctionnement différent. Ils cotisent à la fois au régime général pour la retraite de base et au régime complémentaire Agirc-Arrco.

Pour ces derniers, le départ à taux plein dépend du nombre de trimestres validés. Dans de nombreux cas, il faut justifier d’au moins 167 trimestres, même si cette durée varie selon l’année de naissance. La retraite de base repose ensuite sur 50 % de la moyenne des 25 meilleures années de salaire.

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Les primes et les indemnités peuvent améliorer la retraite complémentaire. Malgré cela, beaucoup de conducteurs estiment que leur pension reste modeste au regard des sacrifices consentis pendant leur carrière.

Le CFA permet de cesser l’activité avant la retraite

Le secteur du transport bénéficie d’un dispositif spécifique créé en 1997. Il s’agit du Congé de fin d’activité, plus connu sous le nom de CFA. Ce mécanisme concerne uniquement certains salariés et reconnaît la pénibilité du métier.

Le CFA autorise un arrêt de l’activité dès 59 ans, sous certaines conditions. Cette mesure ne constitue pas une retraite anticipée au sens de l’Assurance retraite. Les bénéficiaires perçoivent une allocation jusqu’à l’ouverture de leurs droits à la retraite classique.

Pour accéder à ce dispositif, le salarié doit notamment avoir conduit des véhicules de plus de 3,5 tonnes ou avoir exercé certaines activités comme le transport de voyageurs ou le convoyage de fonds. Le financement du CFA repose aussi sur une cotisation spécifique prélevée pendant la carrière.

Le montant de cette allocation varie selon l’activité exercée et l’âge du départ. Les chauffeurs ayant transporté des voyageurs peuvent toucher 75 % de leur salaire brut moyen calculé.

Sur les 60 derniers mois. Les conducteurs de marchandises qui quittent leur emploi à 59 ans reçoivent, eux, 70 % du salaire brut moyen des 12 derniers mois.

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Le pourcentage augmente ensuite avec l’âge. Un départ entre 60 et 61 ans permet de percevoir 75 % du salaire brut moyen. À partir de 62 ans, l’allocation atteint 80 %.

La pension de retraite classique reste, malgré tout, relativement limitée pour une grande partie des professionnels. Selon les chiffres relayés par Pleine Vie, un chauffeur-routier perçoit en moyenne 1 187 euros par mois, hors primes et avantages particuliers.

Un témoignage met d’ailleurs en lumière cette réalité. Après avoir travaillé toute sa vie comme chauffeur-routier, un professionnel parti à 59 ans grâce au dispositif de Congé de fin d’activité explique percevoir une pension qui reflète les règles propres à cette profession.

Son parcours rappelle que le CFA permet bien de quitter la route dès 59 ans, mais qu’il ne s’agit pas d’une retraite anticipée. Le niveau des revenus dépend ensuite du salaire de fin de carrière, du nombre d’années cotisées et du statut occupé tout au long de la vie professionnelle.


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