L’Assurance maladie veut marquer un tournant dans la lutte contre le tabagisme. Dans son rapport annuel « charges et produits », publié ce jeudi 2 juillet, elle propose une mesure forte.
Elle souhaite interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009. L’objectif vise la création d’une « génération sans tabac ».
Cette proposition s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention. L’organisme public appelle à accélérer le « virage préventif » des politiques de santé. Selon lui, la France doit agir plus vite face aux enjeux sanitaires liés au tabac.
Le Royaume-Uni a déjà adopté une mesure similaire. L’Assurance maladie rappelle que ce pays devient le « deuxième pays du monde » à franchir ce cap. Pour Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance maladie, la France doit suivre le même chemin.
Il déclare : « Il n’y a pas de raison d’être plus bêtes qu’eux, la France est capable de faire ça ». Il souligne aussi un retard français. Malgré les hausses de prix et les campagnes d’information, les résultats restent inférieurs à ceux de plusieurs voisins européens.
Par conséquent, la proposition vise à changer durablement les habitudes de consommation. Elle cherche à réduire l’entrée des jeunes dans le tabagisme. Elle s’inscrit dans une logique de long terme.
Prévention, économies et nouvelles mesures de santé publique
Au-delà du tabac, l’Assurance maladie avance d’autres propositions. Elle souhaite rendre le Nutri-Score obligatoire sur tous les produits emballés. Elle propose aussi d’ajouter une mention sur le caractère ultra-transformé des aliments. Cette mesure vise à mieux informer les consommateurs sur leur alimentation.
À lireHausse des prix du tabac : les fumeurs face à une nouvelle augmentation imminenteDans le même temps, la prévention devient une priorité stratégique. Samira Lehaine, présidente (CFDT) du conseil de la Caisse nationale d’assurance maladie, insiste sur ce point. Elle estime que « il est maintenant temps de concrétiser le virage préventif ».
Elle parle même d’une « bataille de la décennie ». Selon elle, la prévention représente aussi un investissement rentable pour le système de santé.
Les chiffres renforcent cette position. Le déficit de l’Assurance maladie atteint déjà 13,8 milliards d’euros en 2026. Les projections annoncent 15 milliards en 2027 et jusqu’à 17 milliards en 2029. Face à cette situation, les autorités cherchent des solutions structurelles.
L’Assurance maladie propose aussi d’autres mesures concrètes. Elle suggère de rendre le casque obligatoire pour les cyclistes de plus de 12 ans ainsi que pour les utilisateurs d’engins de déplacement motorisés.
Elle justifie cette proposition par la hausse des accidents de trajet. Ces accidents augmentent de 7,6% en 2024 et doublent depuis 2017.
Par ailleurs, elle souhaite renforcer la vaccination des seniors. Elle propose une grande campagne contre les pneumocoques pour les plus de 65 ans.
À lirePrix du tabac au 1er juin 2026 : nouvelles hausses, changements de paquets et impact sur les fumeursL’objectif suit la même logique que la campagne contre la grippe. Aujourd’hui, seulement 18,7% des personnes âgées sont vaccinées. Pourtant, les infections associées coûtent entre 2,7 et 3,4 milliards d’euros chaque année.
Enfin, l’Assurance maladie cible aussi les dépenses de santé. Elle évoque des économies possibles grâce à une « désescalade thérapeutique » en oncologie, sans réduire les chances des patients. Elle propose aussi de revoir l’usage de certains traitements coûteux comme le Vyndaqel, utilisé dans l’amylose cardiaque.
Selon ses estimations, l’ensemble de ces mesures pourrait générer 3,9 milliards d’euros d’économies par an. L’objectif vise à garantir la soutenabilité du système de santé d’ici 2030.
Cette feuille de route combine prévention, régulation et économies. Elle dessine une transformation profonde des politiques de santé en France.
