Cancer colorectal : elle meurt à 40 ans après que ses symptômes ont été confondus avec des hémorroïdes

  Helen Dutton a reçu un diagnostic tardif alors que plusieurs signes de la maladie étaient présents. Son décès relance les alertes sur l’importance du dépistage et de la prise en charge rapide des symptômes persistants.

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Une erreur de diagnostic peut avoir des conséquences dramatiques. L’histoire d’Helen Dutton, une Britannique décédée d’un cancer colorectal à seulement 40 ans, en apporte une nouvelle preuve.

Pendant plusieurs années, ses symptômes ont été attribués à des hémorroïdes et à un syndrome de l’intestin irritable. Ce retard dans la prise en charge a permis à la maladie de progresser jusqu’à un stade avancé.

Après son décès en août 2021, son compagnon a engagé une action en justice contre le système de santé britannique. Il estime que les premiers médecins n’ont pas pris les signes d’alerte au sérieux.


Cette affaire relance le débat sur le diagnostic précoce du cancer colorectal, une maladie dont les chances de guérison augmentent lorsque les examens interviennent rapidement.

Trois symptômes qui auraient dû alerter

En 2016, Helen Dutton consulte son médecin en raison de plusieurs troubles digestifs. À cette époque, elle a 35 ans. Le praticien conclut à un syndrome de l’intestin irritable associé à des hémorroïdes. Il ne prescrit aucun examen complémentaire.

Pourtant, son état ne cesse de se dégrader. Les douleurs deviennent plus fréquentes. Les troubles intestinaux persistent. Malgré ces signaux, le véritable problème reste invisible pendant plusieurs années.

Deux ans plus tard, Helen se rend à l’hôpital après l’apparition de nouveaux symptômes beaucoup plus inquiétants. Les médecins constatent une grosseur au niveau du côlon. Elle souffre aussi de douleurs dans le dos. Des saignements apparaissent dans ses selles. Son transit intestinal devient de plus en plus perturbé.

Ces trois symptômes auraient dû conduire à des examens approfondis dès les premières consultations :

Des saignements dans les selles ;
Des troubles persistants du transit intestinal ;
Des douleurs abdominales ou dorsales associées à une masse au niveau du côlon.

Les spécialistes réalisent alors un scanner, une IRM puis une coloscopie. Le verdict tombe rapidement. Helen est atteinte d’un cancer colorectal de stade 4. À ce stade, la maladie s’est déjà propagée à d’autres organes, ce qui réduit fortement les possibilités de traitement.

Le cancer colorectal figure parmi les cancers les plus fréquents. Pourtant, lorsqu’un diagnostic intervient assez tôt, les traitements offrent des résultats bien plus favorables. Les médecins recommandent donc de ne jamais banaliser des symptômes digestifs qui persistent plusieurs semaines.

Une famille brisée et un système de santé sous pression

Après la disparition d’Helen Dutton, son compagnon Darren Rosheski décide de saisir la justice. Selon lui, un diagnostic plus rapide aurait pu changer le cours des événements. Il accuse le système de santé britannique d’avoir manqué de vigilance lors des premières consultations.

Un accord à l’amiable intervient finalement en janvier. Les deux parties gardent le montant de l’indemnisation confidentiel. Malgré cela, Darren Rosheski affirme que l’argent ne remplacera jamais la femme qu’il a perdue.

Il explique qu’il préférerait retrouver Helen plutôt que recevoir une compensation financière. Ses déclarations traduisent la douleur d’une famille confrontée à une perte irréparable.

Cette affaire ne représente malheureusement pas un cas isolé. Selon les chiffres publiés au Royaume-Uni, le NHS a versé près de 190 millions de livres sterling au cours des cinq dernières années afin de régler 870 dossiers liés à des erreurs ou à des retards de diagnostic du cancer.

Le coût de ces procédures continue d’augmenter. Les dépenses sont passées d’environ 32 millions de livres sterling pendant l’exercice 2020-2021 à plus de 41 millions de livres en 2024-2025, frais juridiques compris.

Cette évolution illustre les conséquences humaines et financières des diagnostics tardifs. Pour les patients, chaque semaine compte. Une prise en charge rapide offre davantage de solutions thérapeutiques et améliore les perspectives de survie.

L’histoire d’Helen Dutton rappelle aussi que certains symptômes digestifs ne doivent jamais être ignorés lorsqu’ils persistent ou s’aggravent.

Les saignements dans les selles, les changements durables du transit intestinal ou les douleurs inhabituelles justifient une consultation médicale et, si nécessaire, des examens complémentaires. Une détection précoce reste aujourd’hui l’un des meilleurs moyens de lutter contre le cancer colorectal.


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