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Alors que les incendies continuent de mobiliser les secours, les pompiers français tirent la sonnette d’alarme. Neuf organisations syndicales de sapeurs-pompiers ont publié, lundi 3 août, un communiqué pour réclamer davantage de moyens financiers pour la Sécurité civile.
Le message reste clair. Les pompiers ne veulent plus recevoir uniquement des hommages. Ils demandent surtout des ressources à la hauteur de leurs missions. Ils refusent aussi le qualificatif de « héros », souvent utilisé par les responsables politiques pour saluer leur engagement.
« On n’est pas des héros, on fait notre boulot », a déclaré mardi 4 août Manuel Coullet, secrétaire général de Sud, sur BFMTV. Pour les syndicats, les félicitations ne peuvent pas remplacer les investissements nécessaires au bon fonctionnement des services de secours.
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La situation devient particulièrement tendue pendant la période estivale. Après avoir lutté pendant de longues journées contre le gigantesque incendie en Gironde, qui a ravagé 42.000 hectares, les pompiers interviennent désormais dans le Var. Et l’été reste loin d’être terminé.
Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, évoquait récemment une situation de « tension permanente ». Il alertait aussi sur la « surcharge opérationnelle » qui pèse sur les équipes.
Sécurité civile : les pompiers dénoncent un manque de moyens
Pour les neuf organisations syndicales, la fatigue actuelle ne vient pas uniquement de la multiplication des incendies et des épisodes climatiques extrêmes. Elles dénoncent également des difficultés structurelles qui durent depuis plusieurs années.
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« Elle résulte également de plus de vingt années de sous-investissement dans la Sécurité civile, d’alertes répétées restées sans réponse et de choix politiques qui ont progressivement affaibli notre capacité collective à faire face aux crises majeures », regrettent-elles dans leur communiqué.
Sur le terrain, les pompiers doivent donc compter sur d’autres forces. L’intersyndicale cite notamment « des agriculteurs avec leurs citernes, des militaires, des élus locaux, des bénévoles et des citoyens mobilisés ».
Cette mobilisation montre une forte solidarité. Mais elle révèle aussi, selon les syndicats, les limites actuelles du dispositif public. « Lorsque les citoyens doivent compenser les insuffisances du service public, il ne s’agit plus seulement de solidarité. C’est le symptôme d’un système arrivé à ses limites », pointe l’intersyndicale.
Les ressources humaines constituent également une préoccupation majeure. Bruno Ménard, porte-parole national du syndicat des pompiers volontaires, rappelait récemment que ces derniers représentent 80% des effectifs.
« On parle beaucoup de matériel mais les plus grosses difficultés sont sur les ressources humaines », expliquait-il la semaine dernière.
Recrutement, équipements et financement : les revendications
Face à cette situation, les syndicats demandent des mesures concrètes. Ils veulent d’abord un engagement financier durable de l’État en faveur de la Sécurité civile. Pour eux, les besoins ne peuvent plus dépendre uniquement des crises ou des périodes de forte activité.
Les organisations réclament aussi un recrutement massif de pompiers professionnels. Elles souhaitent ainsi renforcer les équipes et mieux répartir la charge opérationnelle.
Par ailleurs, les syndicats demandent un renforcement immédiat des moyens nationaux de la Sécurité civile. Ils réclament également le renouvellement et la modernisation des matériels opérationnels.
Les équipements de protection individuelle figurent aussi parmi leurs priorités. Les pompiers veulent bénéficier de protections adaptées aux risques auxquels ils font face lors des interventions.
Le suivi médical des personnels exposés doit également progresser. Les syndicats demandent un accompagnement renforcé pour les professionnels confrontés régulièrement aux fumées, aux fortes chaleurs et aux conditions difficiles.
Enfin, l’intersyndicale réclame une transparence complète sur l’état réel des effectifs et des ressources disponibles.
Derrière le refus du terme « héros », les pompiers portent donc un message très concret. Ils veulent pouvoir accomplir leurs missions avec des effectifs suffisants, des équipements adaptés et des financements durables.
Alors que les incendies mobilisent encore les secours, ils demandent désormais des réponses à la hauteur des besoins du terrain.
