Un maire fait polémique après cette décision contre les femmes

  Une mesure prise par l’élu provoque de vives réactions et relance le débat autour des droits des femmes.

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Le tribunal administratif de Nice vient de trancher. Jeudi 6 août 2026, la justice a suspendu l’arrêté pris par la mairie de Mandelieu-La Napoule, dans les Alpes-Maritimes.

Le texte interdisait l’accès aux plages aux personnes portant une tenue manifestant de manière visible une appartenance religieuse.

Cette décision concerne notamment le burkini. La commune avait pris cet arrêté le 1er juillet. Elle souhaitait ainsi encadrer les tenues portées sur ses plages pendant la saison estivale.


Saisi par la Ligue des droits de l’Homme (LDH), le tribunal administratif de Nice a examiné les arguments avancés par la municipalité. Le juge des référés a finalement estimé que la commune ne démontrait pas l’existence d’un danger actuel pour l’ordre public.

Cette décision relance donc le débat autour du burkini sur les plages françaises. Elle rappelle aussi les limites qui encadrent les pouvoirs des maires lorsqu’ils souhaitent restreindre certaines libertés.

Burkini à Mandelieu : la justice pointe l’absence de menace actuelle

Pour justifier son arrêté, la ville de Mandelieu-La Napoule évoquait plusieurs événements survenus dans le passé. Cependant, ces faits remontent à quatorze et dix ans. La municipalité évoquait également le contexte de tensions qui existe actuellement au sein de la population française.

Pour le tribunal, ces éléments ne suffisent pas. La commune ne mentionne aucun incident récent sur ses plages. Elle ne fournit donc pas de faits suffisamment actuels pour démontrer un risque de troubles à l’ordre public durant l’été 2026.

Le juge des référés considère ainsi que l’interdiction ne repose sur aucun « risque avéré de troubles à l’ordre public ».

La décision porte aussi sur la sécurité des personnes. La mairie n’a présenté aucun élément permettant de démontrer que le port de telles tenues pourrait représenter un danger pour les baigneurs ou les autres usagers des plages.

Dans ces conditions, le tribunal estime que l’arrêté porte une atteinte grave et manifestement illégale à trois libertés fondamentales. Il s’agit de la liberté d’aller et venir, de la liberté de conscience et de la liberté personnelle.

La suspension de l’arrêté permet donc aux personnes concernées d’accéder aux plages sans subir cette interdiction fondée sur leur tenue religieuse.

Le maire réagit après la suspension de l’arrêté

Après cette décision, le maire de Mandelieu-La Napoule, Sébastien Leroy, a réagi auprès de l’AFP. L’élu, membre de Nouvelle Énergie, affirme que la ville prend acte du jugement rendu par le tribunal administratif de Nice.

Le maire dénonce également un décalage entre le droit actuel et les réalités auxquelles les élus doivent faire face sur le terrain. Il critique par ailleurs la position de la Ligue des droits de l’Homme, qu’il associe à ses combats sur la question du burkini et d’autres sujets liés à la laïcité.

Cette affaire ne constitue pas une première pour Mandelieu-La Napoule. Le Conseil d’État avait déjà suspendu, en 2023, un arrêté similaire pris par la municipalité.

La ville adopte régulièrement ce type de mesure depuis 2012. À plusieurs reprises, la question des tenues religieuses sur les plages a donc donné lieu à des affrontements judiciaires.

La nouvelle décision du tribunal administratif de Nice pourrait ainsi relancer les discussions sur les pouvoirs des maires en matière d’ordre public. Elle pose aussi la question des preuves nécessaires pour justifier une restriction des libertés individuelles.

Pour une commune, invoquer un contexte général de tensions ne suffit pas nécessairement. La justice demande des éléments concrets et suffisamment récents pour établir un risque réel.

À Mandelieu-La Napoule, le débat autour du burkini reste donc loin d’être terminé. La décision du 6 août marque une nouvelle étape dans un dossier qui oppose depuis plusieurs années la municipalité aux défenseurs des libertés individuelles.


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