Une professeure révoquée après la découverte de son compte OnlyFans : ses élèves l’avaient trouvée

  Kirsty Buchan, professeure à Glasgow, perd son droit d’enseigner après la révélation de son profil OnlyFans. L’affaire relance le débat sur la vie privée des enseignants.

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L’affaire secoue le monde de l’éducation en Écosse. Kirsty Buchan, professeure de physique dans un lycée de Glasgow, a perdu son droit d’enseigner après que ses élèves ont découvert son profil sur la plateforme pour adultes OnlyFans.

La décision du General Teaching Council for Scotland (GTCS), rendue lundi, met fin à sa carrière dans l’enseignement. Elle soulève aussi un débat plus large sur la vie privée des enseignants à l’ère des réseaux sociaux.

Une carrière brisée après la découverte de son compte

L’histoire remonte à la fin de l’année 2022. Plusieurs élèves du lycée Bannerman, situé à Glasgow, auraient trouvé le compte OnlyFans de leur professeure. Les images et vidéos explicites qu’ils y ont vues ont rapidement circulé dans l’établissement, provoquant un choc parmi les parents et la direction.

Le GTCS, organe chargé de faire respecter la déontologie du corps enseignant, a ouvert une enquête. Son rapport conclut que Kirsty Buchan n’a pas pris les précautions nécessaires pour préserver son anonymat. Son identité et sa profession restaient visibles sur son profil, rendant l’accès à son contenu trop facile pour les élèves.

Face à la polémique, l’enseignante a été suspendue dès la fin de l’année 2022. Quelques semaines plus tard, elle a choisi de démissionner avant la fin de la procédure disciplinaire.
Mais le dossier a tout de même été transmis au conseil de déontologie, qui a jugé son comportement incompatible avec la profession d’enseignant.

Le verdict est tombé ce lundi : Kirsty Buchan perd définitivement son agrément. Elle ne pourra plus enseigner en Écosse, sauf si elle obtient une révision de sa situation.

Un manquement à la « probité professionnelle »

Le GTCS justifie sa décision en évoquant un « manque d’intégrité et de discernement professionnel ». Selon le conseil, l’enseignante aurait dû anticiper les risques liés à la publication de contenus pour adultes accessibles sous son vrai nom. Pour les membres du conseil, cette exposition publique a « compromis la confiance que la société accorde aux enseignants ».

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L’institution a également souligné que les enseignants représentent une figure d’exemplarité. Le comportement de Mme Buchan, selon eux, ne respectait plus cette exigence. L’affaire a immédiatement fait le tour des médias britanniques, relançant une question délicate : jusqu’où la vie personnelle peut-elle rester séparée de la vie professionnelle quand on travaille dans le secteur public ?

Une défense assumée : « J’ai fait cela pour nourrir ma famille »

Malgré la décision du GTCS, Kirsty Buchan continue à défendre son choix. Dans une interview accordée au Daily Record, elle a affirmé avoir rejoint la plateforme pour des raisons financières.

« J’ai commencé sur OnlyFans pour subvenir aux besoins de ma famille. Je n’avais pas d’autre solution », a-t-elle expliqué.

La professeure de 34 ans a révélé avoir gagné jusqu’à 60 000 livres sterling en un seul mois, soit environ 80 000 dollars. Une somme qui lui a permis de traverser une période financière difficile. Elle estime que son activité ne portait pas atteinte à son travail d’enseignante, puisqu’elle se déroulait en dehors des heures de classe.

« C’est un jour sombre pour la liberté d’expression », a-t-elle réagi après le verdict.
« Ma vie privée n’aurait jamais dû détruire ma carrière. »

Ses déclarations divisent l’opinion publique. Certains la soutiennent, considérant qu’elle a le droit de disposer de son image comme elle l’entend. D’autres estiment qu’une personne exerçant une fonction éducative doit respecter un devoir d’exemplarité, même en dehors du cadre professionnel.

Un débat sur la frontière entre vie privée et devoir moral

L’affaire Kirsty Buchan dépasse le simple cadre disciplinaire. Elle relance une réflexion sur les limites entre vie privée et responsabilités publiques. Les enseignants, figures de référence pour les élèves, voient leur comportement scruté de près, notamment sur les réseaux sociaux.

En Écosse, comme dans de nombreux pays, les autorités éducatives imposent aux professeurs des règles strictes de conduite. Ces règles s’appliquent aussi en dehors des établissements scolaires. L’usage de plateformes en ligne à caractère sexuel, même à titre privé, peut être jugé incompatible avec la mission éducative.

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Les syndicats enseignants, eux, appellent à une approche plus équilibrée. Ils rappellent que les professeurs restent des citoyens libres, et que la surveillance de leurs activités personnelles peut devenir intrusive.
Mais pour les responsables du GTCS, le risque d’atteinte à l’image de l’école justifie une vigilance accrue.

Une affaire symptomatique de l’époque

L’affaire Kirsty Buchan illustre les nouveaux défis liés à la digitalisation. Les réseaux sociaux brouillent les frontières entre sphère publique et sphère privée. Une photo ou une vidéo, diffusée à un public restreint, peut rapidement se retrouver entre de mauvaises mains. Dans ce cas précis, la viralité du contenu a amplifié la polémique et provoqué une réaction immédiate des autorités.

Le débat ne se limite pas à l’Écosse. En France, aux États-Unis ou au Canada, des enseignants ont déjà été suspendus pour des situations similaires. Les motifs sont souvent identiques : atteinte à la réputation de l’institution scolaire et perte de confiance du public.

Les experts en communication digitale recommandent désormais aux enseignants d’adopter une hygiène numérique stricte : pseudonyme, anonymisation des profils et séparation claire entre comptes personnels et professionnels. Mais même avec ces précautions, la frontière reste fragile.

Vers une évolution des mentalités ?

Une professeure révoquée après la découverte de son compte OnlyFans : ses élèves l’avaient trouvée
Capture Facebook

L’affaire a aussi ouvert une réflexion sur la morale sociale et la liberté individuelle.
De nombreux internautes soutiennent l’enseignante, estimant que ses activités privées ne devraient pas interférer avec son métier. Pour eux, la société doit s’adapter à une époque où la création de contenu en ligne est devenue une source de revenu légitime.

D’autres rappellent que les enseignants exercent un rôle d’exemplarité auprès des jeunes. Selon cette vision, la confiance entre un professeur et ses élèves repose sur des valeurs partagées, incompatibles avec la diffusion publique de contenus explicites.

Une professeure révoquée après la découverte de son compte OnlyFans : ses élèves l’avaient trouvée
Capture Facebook

Entre liberté personnelle et responsabilité professionnelle, l’équilibre semble difficile à atteindre.
Le cas de Kirsty Buchan continuera sans doute d’alimenter les discussions dans le monde de l’éducation et sur les réseaux sociaux.


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