Elle a 27 ans et a choisi de mourir le 18 décembre : “J’attends ce jour avec impatience”

  À 27 ans, Sally Barollet a choisi de mourir le 18 décembre, ultime acte de courage face à une maladie rare qui a marqué toute sa vie.

Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Le 18 décembre approche. Pour Sally Barollet, 27 ans, cette date ne marque pas la fin d’une vie volée, mais l’aboutissement d’un chemin de courage. Depuis l’enfance, elle se bat contre une maladie rare, un naevus géant continental, qui a peu à peu envahi son corps et bouleversé son existence. Chaque journée est devenue un combat, chaque geste, un effort. Et pourtant, Sally garde cette force tranquille, cette lucidité désarmante qui impressionne tous ceux qui croisent sa route.

Elle a pris sa décision il y a plusieurs mois. Elle partirait le 18 décembre, en Suisse, là où le suicide assisté est autorisé. Ni colère ni résignation. Juste une certitude : elle veut choisir sa sortie. Sa voix reste douce lorsqu’elle parle de ce jour. Elle dit qu’elle « attend ce moment avec impatience ». Ses mots ne traduisent pas la hâte, mais la libération.

Chaque matin, Sally se réveille avec gratitude. Elle savoure un café, regarde la lumière passer à travers la fenêtre. Elle sait que le temps lui échappe, mais elle ne fuit pas. Et Elle avance avec calme. Autour d’elle, sa famille veille, partagée entre douleur et respect. Son appartement de Dijon s’est transformé en cocon de paix. Les rires et les larmes s’y croisent sans s’affronter.


Une vie marquée par la souffrance et la dignité

Depuis sa naissance, Sally porte sur la peau la marque de sa maladie. Ce naevus géant couvre son dos, son ventre et s’étend parfois sur ses jambes. Ce n’est pas qu’un signe visible, c’est une source de douleur constante. Au fil des ans, des kystes ont compressé sa moelle épinière. Sa démarche s’est faite hésitante, ses gestes plus lents. Malgré les opérations et les soins, les médecins n’ont jamais pu stopper la progression.

Les jours de crise, elle restait alitée, le souffle court. Elle se souvient de ces nuits passées à chercher le sommeil, épuisée par la douleur. Puis, au matin, elle retrouvait ce sourire qu’elle n’a jamais perdu. Un sourire qui disait : je suis encore là.

À 27 ans, elle ne veut plus subir. Elle veut reprendre le contrôle. Pour elle, ce choix n’a rien de tragique. Il est logique. La maladie a dicté trop de choses. Cette fois, c’est à elle de décider. En parlant de sa décision, elle ne cherche pas la pitié. Elle veut simplement raconter, témoigner, aider à comprendre ce que signifie mourir avec dignité.

Ses proches ont d’abord résisté. Comment accepter l’idée de la perdre ? Puis ils ont compris. Ils ont vu son regard, entendu sa voix paisible. Alors ils ont choisi de l’accompagner. Ensemble, ils ont organisé les derniers jours. Des repas, des rires, des souvenirs. Sally veut que son départ soit une fête douce, pas un adieu douloureux.

Le choix de la liberté

À mesure que la date approche, Sally ne tremble pas. Elle écrit chaque soir quelques lignes dans un carnet. Elle y note ses pensées, ses gratitudes, les visages qu’elle veut garder en mémoire. Et Elle parle d’amour, d’amitié, de lumière. Son écriture respire la paix.

À lireNostradamus et la fin de 2025 : ce que révèlent vraiment ses prédictions

Elle dit : « Je ne veux pas qu’on me pleure, je veux qu’on se souvienne de moi comme d’une femme libre. »
Ces mots résonnent avec une intensité rare. Ils traduisent une volonté de paix, pas de fuite.

En Suisse, tout est prêt. Le cadre légal, les démarches, les accompagnants. Sally a choisi la musique qu’elle écoutera, la robe qu’elle portera. Elle a pensé à chaque détail. Ce contrôle la rassure. Ce n’est pas la mort qu’elle attend, c’est la fin de la douleur.

Le 17 décembre, elle partagera un dernier dîner avec sa famille. Elle a demandé des bougies, du vin blanc, et une tarte aux framboises. Son plat préféré. Ce soir-là, elle rira, comme souvent. Elle regardera ses proches, et leur dira merci.

Le lendemain, au matin, elle s’endormira lentement. Sans peur. Avec la certitude d’avoir choisi sa vie jusqu’au bout.

Un message pour les vivants

Sally laisse plus qu’un souvenir : elle laisse un message. Celui du droit au choix, du respect du corps et de la conscience. Son histoire bouleverse, mais elle inspire aussi. Elle pousse chacun à réfléchir à la liberté, à la douleur, au sens du mot « vivre ».

À lireCancer du côlon : ces premiers signes trop souvent ignorés avant 50 ans

Ses proches racontent qu’elle a transformé leur manière de voir la mort. Elle leur a appris à ne pas la redouter, mais à la comprendre. Pour elle, mourir dans la dignité n’est pas un acte de désespoir. C’est un acte d’amour envers soi-même.

Le 18 décembre, quand le silence tombera, Sally aura rejoint la paix qu’elle attendait. Ses mots, eux, continueront de vivre. Dans les cœurs, dans les discussions, dans cette idée qu’une fin choisie peut aussi être une victoire.

Et quelque part, au-delà du chagrin, subsistera cette impression lumineuse : celle d’une femme qui, jusqu’à son dernier souffle, a incarné la force de la liberté.


Vous êtes ici : Accueil - Elle a 27 ans et a choisi de mourir le 18 décembre : “J’attends ce jour avec impatience”