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Une affaire particulièrement inhabituelle a conduit un homme de 60 ans devant la justice. Pendant près de trois ans, Christopher Phillips a caché le décès de sa mère, Sylvia Phillips, tout en laissant croire qu’elle était encore en vie. La justice vient de prononcer sa peine.
Sylvia Phillips est morte le 8 mars 2023 à son domicile, au pays de Galles. Elle avait 89 ans. Son fils adoptif n’a alors pas signalé sa mort aux autorités.
La relation entre la mère et son fils occupait une place centrale dans leur quotidien. Sylvia avait adopté Christopher lorsqu’il avait deux ans. Depuis, tous deux.
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Avaient développé une relation que le tribunal a qualifiée d’« exceptionnellement proche ». La famille menait également une existence relativement isolée. À partir de 2008, Christopher est devenu le principal soignant de sa mère.
Cette responsabilité a progressivement occupé une grande partie de sa vie. À la fin de l’année 2022, il a même quitté son travail afin de consacrer davantage de temps à Sylvia. Lorsque celle-ci est morte quelques mois plus tard, Christopher aurait eu beaucoup de difficultés à accepter sa disparition.
Il continuait à parler à sa mère après son décès
Lors du procès, son avocate a décrit un homme profondément affecté par la mort de sa mère. Selon elle, Christopher Phillips aurait construit une sorte de réalité dans laquelle Sylvia restait présente.
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L’homme a lui-même expliqué aux policiers qu’il ne voulait pas « la laisser partir ». Il souhaitait, selon ses déclarations, disposer de davantage de temps avec elle.
Son comportement après le décès illustre cette difficulté. Le lendemain de la mort de Sylvia, il aurait pris le corps de sa mère dans ses bras et lui aurait promis de continuer à prendre soin d’elle.
Puis, il aurait régulièrement continué à lui parler. Il évoquait avec elle des programmes télévisés, des courses hippiques ou encore la série Coronation Street, comme lorsqu’elle était en vie.
Son avocate a également expliqué qu’il lui arrivait de dormir près du corps. Ces éléments ont servi à décrire sa vulnérabilité et son refus d’accepter la disparition de sa mère.
Pendant ce temps, personne ne déclarait officiellement le décès de Sylvia. La situation a perduré jusqu’en février 2026. Le cabinet médical de l’octogénaire cherchait depuis un certain temps à reprendre contact avec elle.
La police fait une découverte troublante au domicile
Les professionnels de santé avaient notamment demandé à Sylvia de venir passer un examen médical. Son fils avait répondu qu’elle ne se présenterait pas et qu’elle n’avait pas besoin d’analyses sanguines. Face aux difficultés répétées pour joindre la femme de 89 ans, son médecin a finalement demandé un contrôle.
Lorsque les policiers sont arrivés au domicile, Christopher Phillips leur a affirmé que sa mère avait déménagé à Londres. Il a également expliqué qu’elle refusait les examens médicaux.
Mais son attitude a éveillé les soupçons. Les agents ont remarqué qu’il tremblait et semblait particulièrement agité. L’homme est alors monté précipitamment à l’étage. Les policiers l’ont entendu parler au téléphone avec sa petite amie et évoquer son arrestation.
La vérité a finalement éclaté. Deux jours après la mort de sa mère, Christopher Phillips avait acheté un congélateur-coffre sur Internet et y avait placé son corps.
Pendant près de trois ans, il a conservé la dépouille dans ce congélateur. Il lui arrivait même, selon son avocate, de l’ouvrir afin de tenir la main de sa mère.
Durant cette période, Christopher Phillips a continué à percevoir la pension et plusieurs prestations destinées à Sylvia, notamment des aides au logement et au chauffage.
Au total, il a touché 78 190,92 livres sterling, soit plus de 91 000 euros.
Christopher Phillips a finalement reconnu trois infractions. La justice lui reprochait notamment de ne pas avoir organisé légalement les funérailles de sa mère et d’avoir continué à percevoir ses prestations.

Lundi 3 août, le tribunal l’a condamné à deux ans et quatre mois de prison. Il devra effectuer 40 % de cette peine en détention avant de pouvoir bénéficier d’une liberté conditionnelle.
Pour la juge Lloyd-Clarke, l’homme avait délibérément caché le décès de sa mère et pris des mesures destinées à faire croire qu’elle était toujours en vie.
